2005 a été l'année de la renaissance de la fanfare Saint-Viateur grâce à la formidable opération " Solidarité Fanfare Afrique " initiée en 2003 et conduite avec Jacky et Tony Desclos (L'Avenir Caennais), Bernard Bergeras et André Castagnet (Pau), sous le parrainage de la Chambre Syndicale de la Facture Instrumentale (Jean-Claude Decalonne), avec l'aide de France Inter (Philippe Bertrand, Patricia Martin et Mathieu Vidard) et de RFI (Gilles Teissier), et grâce à bien des donateurs dont vous avez lu la contribution (voir générique des participants). Ainsi, jamais conteneur n'avait sans doute transporté autant d'instruments de musique différents, dans une période où Abidjan se faisait plutôt livrer des conteneurs d'armes. A chacun son combat ! La fanfare a été lancée à Saint-Viateur Abidjan avec beaucoup de méthode, de volonté et de succès. Le professeur de musique, William Kouamé, les animateurs Bernardin Fram, Bruno Tchimon et Sylvain Alico, aidé d'élèves musiciens de l'Institut National des Arts, nous disent que les progrès sont énormes. Pierre Frégeac en atteste pour l'avoir entendue avec émotion en février 2005. Il faut reconnaître que l'impatience de Carlos Orduna s'affranchit des délais habituels et qu'il n'est pas étonnant que l'orchestre au grand complet ait été fin prêt pour célébrer le cinquantenaire de Saint- Viateur en Côte d'Ivoire le 17 décembre 2005, avant de se produire à Bouaké pour la clôture de la célébration le 24 juin 2006. Après la remise officielle des 94 premiers instruments, le 3 octobre 2003 à Caen, ce sont exactement 152 instruments qui ont été rassemblés à l'issue de l'opération qui a connu encore des retombées en 2005 puisque l'Ecole de Musique d'Aurillac a offert 7 flûtes traversières et une trompette grâce à Jean-Paul Bonnet et à Fernand Labrousse sur place, que l'Ecole de Musique de Fougères a donné un beau lot d'instruments grâce à Marcel Lécrivain, que Bernard Bergeras a continué à en collecter et que SML Strasser Marigaux, fabricant d'instruments, a renouvelé son don d'instruments neufs. La valeur de l'ensemble est supérieure à 150 000 €, c'est-à-dire pas loin d'1 million de francs. Seules la mobilisation et l'énergie uniques du FASV ont permis cette réussite dont les artisans et les acteurs ne seront jamais assez remerciés, car, bien plus qu'anecdotique, ce don est un magnifique signe de confiance, d'espérance et de renaissance. La musique comme outil pédagogique, facteur d'intégration et d'émancipation, de convivialité et de libération, symbolise bien l'action du FASV. Vive la fanfare Saint-Viateur, en espérant qu'elle retentisse aussi à Bouaké et à Ferké dès que possible !