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. Nouvelles de Roger Debaud, Bouaké - Novembre 2014
.Nouvelles de Saint-Viateur Bouaké, Maxime Gomez - Octobre 2014

. Nouvelles de Saint-Charles-Lwanga - Ferké, Jean-Marc Kouassi - Septembre 2014

. Nouvelles de Saint-Charles-Lwanga - Ferké, Jean-Marc Kouassi - 
Septembre 2014

. Nouvelles de Roger Debaud, csv, Bouaké - Juillet 2014

. Nouvelles de Roger Debaud, csv, Bouaké - Mai 2014
. Nouvelles de Roger Debaud, csv, Bouaké - Mars 2014
. Nouvelles de Roger Debaud, csv, Bouaké - Janvier 2014
. Nouvelles de Roger Debaud, csv, Bouaké -  Novembre 2013
. Nouvelles de Roger Debaud, csv, Bouaké - Octobre 2013
. Nouvelles des Viateurs de Côte d'Ivoire, Augustin Koné, Rencontre FASV 2013 - Août 2013
. Nouvelles de Saint-Viateur Bouaké, Léon Desbos, Rencontre FASV 2013 - Août 2013
. Nouvelles de Bouaké, Roger Debaud, Rencontre FASV 2013 - Août 2013
. Nouvelles de Ferké et d'Abidjan, Javier Martinez, Rencontre FASV 2013 - Août 2013

. Nouvelles du CERAP, Abidjan, Hyacinthe Loua, sj - mai 2013
. Nouvelles de Bouaké, Roger Debaud, csv - 2 mai 2013
. Nouvelles de Ferké, Jean-Didier Sohotodé, csv - 1er mai 2013
. Nouvelles de Bouaké, Léon Desbos, csv - 30 mars 2013
. Nouvelles de Bouaké, Roger Debaud, csv - 28 février 2013
. Nouvelles des Viateurs de Côte d'Ivoire, Augustin Koné - 5 février 2013
. Nouvelles du FASV : Lancement de CAMPUS EBURNEO - 1er février 2013
. Nouvelles de Ferké, Marcel Konaté, Jean-Didier Sohotodé, csv - 15 janvier 2013
. Nouvelles du CERAP, Abidjan, Denis Maugenest, sj - Contribution Cinquantenaire INADES - 1962-2012
. Nouvelles de Bouaké, Roger Debaud, csv - 8 janvier 2013

 

Toutes les chroniques CAMPUS EBURNEO

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Retrouvez sur cette page toutes les chroniques CAMPUS EBURNEO

. CAMPUS EBURNEO : 21ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" -  21 juin  2013
. CAMPUS EBURNEO : 20ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 15 juin  2013
. CAMPUS EBURNEO : 19ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 08 juin  2013
. CAMPUS EBURNEO : 18ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 31 mai 2013
. CAMPUS EBURNEO : 17ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 24 mai 2013

. CAMPUS EBURNEO : 16ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 17 mai 2013

. CAMPUS EBURNEO : 15ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 10 mai 2013
. CAMPUS EBURNEO : 14ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 3 mai 2013
. CAMPUS EBURNEO : 13ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 26 avril 2013
. CAMPUS EBURNEO : 12ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 19 avril 2013
. CAMPUS EBURNEO : 11ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 12 avril 2013
. CAMPUS EBURNEO : 10ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 05 avril 2013
. CAMPUS EBURNEO : 9ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 30 mars 2013
. CAMPUS EBURNEO : 8ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 22 mars 2013
. CAMPUS EBURNEO : 7ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 15 mars 2013

. CAMPUS EBURNEO : 6ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 8 mars 2013
. CAMPUS EBURNEO : 5ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 1er mars 2013

. CAMPUS EBURNEO : 4ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 22 février 2013

. CAMPUS EBURNEO : 3ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 15 février 2013
. CAMPUS EBURNEO : 2ème épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 8 février 2013

. CAMPUS EBURNEO : 1er épisode "Chronique MVMH en Côte d'Ivoire" - 1er février 2013

 

Nouvelles de Ferké, Marcel Konaté, Jean-Didider Sohotodé, csv - janvier 2013

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NOUVELLES DU COLLEGE SAINT-CHARLES LWANGA DE FERKE
Janvier 2013

Chers amis,

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, dit-on !

Cet adage ne saurait justifier notre silence, surtout à l'endroit de nos amis et de nos partenaires privilégiés que vous êtes. Vous en faites beaucoup pour nous et nos nouvelles ne peuvent que vous rassurer et vous encourager à nous aider. Merci pour votre indulgence !

Cette année scolaire, placée sous le signe de la RIGUEUR, s'est mise en route en deux temps :
- la rentrée de l'administration, des enseignants et encadreurs le 17 septembre,
- et la rentrée des classes le 24 septembre.

La physionomie du collège a quelque peu changé cette année. Nos effectifs se présentent comme suit :

Les élèves sont au nombre de 904 au total : 552 au premier cycle et 352 au second cycle. Les filles sont au nombre de 446, soit 49,34% et les garçons 458, soit 50,66 %. Vingt quatre salles de classes ont été aménagées pour les accueillir. Les élèves de terminale ont été heureux «d'inaugurer» le nouveau bâtiment flambant neuf du second cycle, sous le regard envieux de leurs camarades des classes de première et de seconde.

Les enseignants sont au nombre de 40 : 32 permanents, 08 vacataires. Nous avons enregistré l'arrivée de trois nouveaux professeurs dont le Frère Yao Konan Barthélemy qui vient de terminer ses études de Lettres Modernes à l'Université de Lomé au Togo, et qui enseigne évidemment la langue de Molière.

Les personnels de direction (05), d'encadrement (06), de soutien (07) et de santé (04) n'ont pas connu de changement.

Le bateau lwangais compte cette année à son bord 966 personnes, un beau monde à gérer !

Ce premier trimestre a été bien vécu dans tous les domaines.

Les différents «services», comme l'infirmerie, la bibliothèque, la salle d'informatique, l'internat et le foyer ont bien fonctionné.

Les résultats scolaires sont en nette amélioration au premier cycle, surtout dans les classes de sixième et de cinquième. La présence d'élèves affectés par l'Etat dans ces classes en est la cause principale. Le niveau des élèves de troisième semble assez bon et est meilleur que celui de l'an dernier. L'espoir est donc permis pour de bons résultats au BEPC en fin d'année. Au second cycle, les résultats sont moyens dans l'ensemble. Les terminales n'ont pas encore trouvé leurs marques. Il ya de nombreuses lacunes à combler et il nous faut susciter chez eux le goût de la recherche.

Les directeurs des études et les enseignants sont très motivés. Ils mettent tout en œuvre pour atteindre l'objectif des 80 % de succès aux examens de fin d'année que nous nous sommes fixés. Les cours de soutien ont démarré depuis le mois de novembre et sont rigoureusement suivis. Les parents des élèves en classes d'examen ont été entretenus, lors d'une rencontre, sur la nécessité d'une plus grande implication de leur part dans la préparation de leurs enfants aux examens. Les journées portes ouvertes ont permis à tous les parents de prendre connaissance des premiers résultats de leurs enfants, d'échanger avec les enseignants et de savoir quelle stratégie mettre en œuvre pour la réussite de leurs enfants.

Les professeurs sont mieux suivis cette année grâce à la présence de conseillers pédagogiques nouvellement affectés à la Direction Régionale de l'Education nationale (DREN). Ces conseillers ont déjà animé des ateliers de formation et organisé des visites de classes au sein de notre établissement.

A cet aspect pédagogique, il faut ajouter les activités religieuses. Elles ont été pilotées par le frère aumônier, F. François d'Alex KOYE : messes de rentrée, messes de promotions, recollections des élèves et du personnel, fête de la Noël anticipée qui a connu un grand succès cette année.

La vie du collège a été rythmée par les activités des différents clubs : anglais, espagnol, cuisine et couture, scientifique, théâtre, danse et chorale. Les mouvements religieux chrétiens et musulmans ont également été très en vue. La Direction de la Vie Scolaire (DVS) de la DREN compte beaucoup sur Charles Lwanga pour remporter les différents concours régionaux et nationaux dans trois domaines : concours chorale, cuisine et surtout l'OISSU qui a fait son lancement samedi dernier. Les finales de ces différentes compétitions se dérouleront encore cette année sur nos installations qui sont très bien entretenues. Charles Lwanga fait partie des nominés des établissements les plus propres et les mieux structurés de la Côte d'ivoire. Nous mettons le paquet pour gagner ce prix national.

Ce trimestre a vu la réalisation d'importants travaux chers à la Direction du collège : l'achèvement du projet du château d'eau lwangais qui dessert tout l'établissement en eau potable de très bon goût (la qualité est nettement meilleure aux eaux minérales que nous avons sur le marché telles que AWA, CELESTE, OLGANE etc...), les nouveaux portails coulissants de 6.5 m sur 2 m de haut chacun à chaque entrée (Est et Ouest), l'éclairage d'une bonne partie du collège, et enfin la devanture (clôture de la façade principale) dont la restauration est presque achevée.

Charles Lwanga, en chantier depuis 2006, n'a pas fini sa mue. Les travaux du deuxième bâtiment du second cycle viennent de commencer, le devis de la réhabilitation de la salle des fêtes sera bientôt connu, les laboratoires de sciences physiques et de SVT attendent d'être réaménagés et équipés.

La distance parcourue en sept ans est énorme. Grâce au Fonds d'Action Saint- Viateur, avec Bolloré Africa Logistics, la SCB, aux amis et bienfaiteurs d'ici et d'ailleurs, Charles Lwanga a redoré son blason et devient petit à petit un établissement « émergent », même si la route reste encore longue pour atteindre l'excellence dans tous les domaines. Il ne faut pas caller le moteur ! Nous ne devons pas nous arrêter en si bon chemin ! Même si nos cars de transports des élèves de SUCAF, société sucrière située à 15 km de l'école d'où nous vient le tiers de nos élèves, nous ont lâchés ! Ils sont bien amortis ces véhicules ! Mais il faut dire qu'ils ont fait du chemin et nous ont rendu d'énormes services depuis plus de 6 ans. Il nous faut de nouveaux cars sinon l'année prochaine, nous ne pourrons plus rendre ce service aux parents d'élèves.

Merci pour le dernier conteneur qui nous a ramené, entre autres équipements, une magnifique « boîte à musique » qui sème la joie partout : au drapeau pour l'hymne national, pour les diverses célébrations, au club de musique et à la chorale. Grâce à ce formidable clavier synthétiseur Yamaha, nous avons une très belle chorale, formée des internes de l'école, filles comme garçons qui ont merveilleusement animé la messe de Noël anticipée. C'est à peine croyable parce que ces jeunes gens et jeunes filles sont pour la plupart de religion musulmane et n'avaient aucun répertoire de chants chrétiens. De plus à nos célébrations hebdomadaires du mardi, c'était une belle cacophonie au début. Mais il a fallu seulement deux semaines de répétitions avec le frère François, prof de musique, et Landry, le grand maître de chœur et talentueux organiste, pour que ces jeunes deviennent de vrais choristes. C'est avec joie que j'entends de mon bureau, certains chanter à tue-tête « Il est né le divin Enfant, jour de fête aujourd'hui sur terre...» Merci spécial à Jean-Claude Decalonne, de Feeling Musique à Paris, l'ami de Pierre Frégeac qui s'est occupé spécialement de l'achat de cet instrument qui sème la joie et la gaieté dans tous les recoins de l'école, comme à Saint-Viateur Bouaké qui a également reçu le sien, après Saint-Viateur Abidjan. Vive la musique avec le FASV !

Les crayons, n'en parlons pas ! Ils ont un succès incomparable. Tout le monde en veut ! Même les élèves de terminale. Un seul ne suffit pas. Il en faut deux ou trois. Et ces petits malins après en avoir reçu, retournent dans les rangs pour en recevoir encore. Heureusement que je les connais tous, ou presque tous ! Merci à Monique Blanc qui ne cesse de faire des heureux tous les ans!

Merci à tous ceux qui nous ont aidés à nous lever, à prendre la route, à marcher, à espérer, à réussir, car l'espoir est à nouveau permis, après tant d'années de souffrance et de précarité.

D'autres défis nous attendent, de nouveaux succès, de nouvelles joies aussi. Merci à vous tous qui mettez la joie dans nos cœurs, le sourire et la gaîté dans notre quotidien !

Nos vœux les meilleurs vous accompagnent tout au long de cette nouvelle année 2013 que nous vous souhaitons bonne et heureuse, avec 2 semestres de bénédictions, 4 trimestres de bonheur, 12 mois de santé, 52 semaines de paix, 365 jours de réussite, 8 760 heures d'amour, 52 600 minutes de joie, 31 536 000 secondes d'amitié.

Dieu vous bénisse !

 


Marcel Konaté Jean-Didier Sohotodé

 

Nouvelles de Bouaké, Roger Debaud, csv - janvier 2013

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P. Roger Debaud
Collège Saint-Viateur
01 – B.P. 1191, Bouaké 01
Côte d'ivoire

Chers parents, chers amis, bonjour

Une année se termine mais non pas une fin du monde, comme annoncée par certains pour le 21 décembre. Comment en être encore là, à croire que nous allons pouvoir savoir, par avance, quand passera ce monde tel que nous le connaissons, alors que Jésus lui-même dit ne pas le savoir, mais passons. Cela fait vendre des journaux à sensation, alors il ne faut nullement s'étonner si, plus ou moins régulièrement, des savants s'amusent à lancer ces nouvelles à sensation...

Mais passons aux nouvelles d'ici ! Je suis revenu en Côte d'Ivoire le mercredi 10 octobre et le 11 je revenais au pays, je peux dire, très heureux de retrouver le collège et mes confrères de Saint-Viateur de Bouaké où j'ai travaillé de nombreuses années déjà. J'ai été très bien reçu dans la communauté. Mais voilà que très vite, j'ai retrouvé le climat pas très sécurisé. Et oui, la crise n'est pas encore totalement terminée et la pauvreté pousse des gens à se servir des armes, nombreuses et bien cachées, pour s'enrichir sans trop travailler.

Vous avez peut-être déjà appris que nous avons eu la visite des bandits la nuit du vendredi 12 au samedi 13 octobre. Gardien ligoté et portes cassées : ils ont visité le bureau du directeur des écoles primaires et de la maternelle, puis le secrétariat, puis le bureau du directeur général et enfin l'économat... Ils cherchaient bien sûr l'argent, en dehors de cela ils n'ont rien pris. Etant venus à pieds et ayant du sauter la clôture, ils ne pouvaient pas emporter les ordinateurs ou d'autres appareils encore plus lourds... Voilà une douche froide pour mon arrivée. Heureusement, ils ne sont pas venus chez nous à la communauté des religieux, sinon nous aurions sans doute passé un mauvais quart d'heure. Enfin, les bandits ont certainement bien fêté la Tabaski et pu acheter un gros mouton, toujours cher au moment de la fête...

Il y a eu pas mal de vols juste avant la fête du mouton. Plusieurs paroisses ont eu ces visites de bandits qui n'hésitent pas à tuer s'ils ne trouvent rien ou presque rien à emporter ou si les personnes veulent se défendre. Lors des nouvelles télévisées et dans certains journaux, à quelques jours des fêtes de Noël ou du nouvel an, les journalistes invitent à bien faire attention car c'est à ce moment des grandes fêtes que les bandits, voulant bien profiter de la fête eux aussi, attaquent pour voler et piller.

Pour mon retour, tout commençait bien malgré tout mais, bien vite, n'étant pas protégé, un fort palu m'a terrassé. Monsieur Constant, un docteur, le petit frère de notre associée madame Elisaberth Amoikon, est venu et ayant découvert que c'était une crise de palu, il a commencé à me soigner. Ce docteur était hospitalisé au CHU de Bouaké, en attente pour se faire opérer de l'appendicite. Appelé par sa grande sœur, il est venu au collège me soigner. J'ai été son dernier patient, car à la suite à son opération à l'hôpital de Bouaké, il est décédé et ses funérailles ont eu lieu le samedi 17 novembre à la chapelle de notre collège. Ce décès m'a bien touché. Le docteur Constant vient me soigner, et lui s'en va trouver saint Pierre !
C'est le 1er novembre que, mon état de santé déclinant, mes confrères ont fait venir, à mon insu, une ambulance pour que j'aille me faire soigner à Abidjan, à la Pisam (La Polyclinique Internationale Sainte-Anne-Marie). La j'y suis resté jusqu'au 6 novembre. J'ai été bien soigné je dois dire. Puis le 6 après-midi, mes confrères étudiants du scolasticat m'ont accueilli à Bonoumin, et je suis resté avec eux jusqu'au vendredi matin16 novembre.

Le 16 novembre, je revenais à Bouaké dans la superbe voiture neuve, une 4X4, double cabine, offerte aux sœurs de Korhogo (Filles de la Croix) par leurs amis et bienfaiteurs de France. Il faut savoir qu'elles avaient auparavant un 4X4 que les rebelles leur avaient emprunté, mais qu'ils n'ont jamais rendu. Il paraît que celui qui conduisait cette voiture 4X4 volée saluait les sœurs quand il les rencontrait et il leur disait que leur voiture leur serait rendue une fois la guerre terminée. Mais un beau jour, les sœurs n'ont plus vu, à Korhogo, ni le chauffeur ni leur véhicule, perdu à tout jamais semble-t-il. Peut-être cadavré à la suite d'un accident, car souvent certains rebelles conduisaient sans permis. Pour cette fois-ci, prions pour que les voleurs ne soient pas là pour prendre ce bel engin qui sera bien utile à la sœur Janine Sein, responsable d'un centre de malades mentaux de la Saint Camille.

Ce 16 novembre, les deux conteneurs du Fonds d'Action Saint-Viateur, remplis de milliers de colis expédiés de France pour venir en aide à des pauvres soutenus par diverses associations et communautés religieuses sortaient du port d'Abidjan et ont été déposés chez Gérard Vélu, un ancien coopérant qui a enseigné avec son épouse Anne au collège Saint-Viateur, et qui est responsable d'un garage à Abidjan (Tractafric). Les colis devant être acheminés à Bouaké, Ferké et Korhogo ont été chargés dans trois gros camions et nous avons pu partir. Ce vendredi je suis revenu à Bouaké dans ce 4X4 des sœurs avec le chauffeur de monsieur Vélu et monsieur Vincent, le responsable du convoi. Quand il y avait un barrage de douaniers, ou de policiers ou de gendarmes, ou encore de la mairie de la ville que nous allions traverser, c'est lui qui partait avec tous les papiers pour montrer patte blanche et avoir la permission de poursuivre la route. Que ce fut long ce voyage, C'est ainsi que pour arriver à Bouaké, il nous a fallu un peu plus de douze heures, un record ! Nous sommes arrivés de nuit, alors que nous étions partis vers 10 h pour effectuer un peu moins de 400 kilomètres, 370 je crois bien. Le père Léon Desbos nous téléphonait de Bouaké parfois pour savoir où nous étions, il pensait bien qu'en partant le matin, nous allions arriver dans l'après-midi pour pouvoir décharger le camion qui transportait les colis de Bouaké, car le lendemain matin, il y avait l'enterrement du docteur Constant à Saint-Viateur... Que ce fut long ce voyage ! Mon Dieu, que de barrages, que de palabres pour pouvoir continuer... Mais Vincent n'a rien donné aux racketteurs qui, la plupart se moquaient bien des papiers qu'il leur présentait. Ce qui les intéressait, c'était se payer de quoi boire une bonne bière. Eh oui, il fait chaud au bord de la route et attendre sous le chaud soleil d'Afrique ça déshydrate pas vrai ? Et quand monsieur Vincent leur racontait que les camions apportaient des colis pour venir en aide à des défavorisés ou des malades, ils demandaient pourquoi eux n'auraient-ils pas droit à des cadeaux ! Les pauvres malheureux, ils sont bien à plaindre !

Nous devons infiniment remercier ceux qui ont donné ces colis pour le FASV : colis d'habits, d'ordinateurs, de vélos, de rames de papier de 500 feuilles de 80 g, de matériel médical, de livres... et de bien d'autres choses. Il faut remercier le frère Charles Granjard, un confrère, de Vourles, un homme discret et efficace. Il entasse comme il faut les colis dans un de nos garages du Centre Querbes à Vourles, c'est lui qui reçoit ceux qui apportent les colis, et souvent il scotche et consolide les colis mal faits qui risquent de s'ouvrir au moment de l'embarquement. Sans oublier Monique Blanc qui participe à cette tâche et prépare des cartons de crayons (déjà 600 000 envoyés !) Nous devons sincèrement remercier Monsieur Pierre Frégeac qui est le responsable du FASV (Fond d'Action Saint Viateur.) car c'est lui qui motive nos bienfaiteurs en leur envoyant régulièrement des nouvelles et des photos, c'est lui qui trouve les camions pour collecter en France les colis qui partiront pour Abidjan et c'est encore lui qui les fait partir par voix maritime. Nous devons remercier le couple Vélu qui a la lourde responsabilité de faire sortir du port d'Abidjan les conteneurs, puis les achemine jusqu'à son garage, avant de trouver les camions qui iront déposer les colis soit à Bouaké, ou à Ferké ou encore à Korhogo, ou qui les met à la disposition des responsables d'oeuvres de Duékoué à Bondoukou et Bouna... Mon Dieu que de travail, fait avec tant de simplicité et de générosité de la part de beaucoup de monde. Merci, merci, et encore merci à tous ceux qui sont partie prenante pour nous venir en aide.

Un trimestre se termine, avec beaucoup d'activités. En premier lieu, les professeurs doivent donner des notes, après avoir corrigé les nombreux devoirs donnés aux élèves tout au long du trimestre. C'est leur travail normal, mais ce n'est pas rien. Il ne faut pas trop vite dire que les professeurs travaillent peu, qu'ils ont trop de jours de congé. On peut s'interroger, pourquoi de moins en moins de jeunes se destinent à devenir des professeurs ? Ici aussi la tâche d'enseignant est bien prenante. En ce qui me concerne, j'ai quelques heures de FHR, Formation Humaine et Religieuse au second cycle et un cours biblique au noviciat, outre mes fonctions d'aumônier.

En ce temps de l'Avent, j'ai célébré la messe de promotion, pour tous nos élèves. Pour débuter, il y a eu la messe avec les enfants de la maternelle et de nos deux écoles primaires. Imaginez un peu, 678 enfants dans notre chapelle avec en plus les maîtres et maîtresses des enfants. Je n'aurais jamais pensé que tous puissent rentrer. Il me semblait, à un moment, que notre église était déjà bien pleine et pourtant une file impressionnante d'enfants continuait à avancer et à rentrer... Finalement tout le monde a bien pris place... Et la fête pouvait commencer. Les plus petits sont formidables, ils n'ont pas peur de répondre aux questions que je leur posais, ils sont naturels, parlent sans peur ni sans avoir honte de se tromper, et puis quelle ardeur pour chanter et applaudir, taper des mains pour rythmer les chants ! Le seul moment de pagaille, il faut bien le reconnaître, ce fut, avant la communion, au moment de se donner la paix... Tout ce petit monde se met à chercher son compagnon ou sa compagne puis se met à bavarder avec... Mais il faut bien un peu excuser ces petits et tout-petits, car c'est un peu long une messe ! Ils ne peuvent pas rester tranquilles comme des adultes, qui eux sont bien silencieux mais parfois plus ou moins endormis...Toutes les classes du collège ont eu leur messe de promotion. Tout s'est bien passé. Mais pour ne pas avoir de chahut, nous avons décidé de ne pas inviter les élèves à se donner un signe de paix avant de communier...

Que vous dire encore sinon que le Noël anticipé pour les enfants de la maternelle et des classes primaires s'est bien déroulé le jeudi 20 décembre après-midi. La plupart des parents avaient apporté le cadeau de leurs enfants et un père Noël le leur a remis. Comme le nombre des enfants est assez élevé, 678 m'a-t-on dit, vous devinez le temps qu'il a fallu au père Noël, bien déguisé, pour remettre tous les colis et les donner aux enfants concernés... Le père Noël est arrivé en Pajero... Une Pajero bien décorée, bien habillée, presque aussi belle qu'au jour de son mariage avec moi, et pourtant la vieille a bien perdu de sa splendeur d'antan, même si elle a eu droit à un bon lifting à mon retour. Eh oui, nous sommes mariés depuis plus de 20 ans, elle et moi. Et nous en avons fait des kilomètres et des kilomètres... Elle ne m'a pratiquement jamais laissé tomber, jamais elle n'a été malade et en panne au mauvais endroit ! Nous avons fait ensemble près de 500 000 kilomètres, je dis bien cinq cent mille kilomètres, ensemble, ce n'est pas rien. Elle devrait aller directement au ciel, si au ciel on avait encore besoin de se voiturer. Bien vrai qu'elle en a fait quelques mille kilomètres avec d'autres chauffeurs, mais comme ils ne la connaissent pas et ne la soignent pas comme il faut alors là, la vieille se fâche et refuse d'avancer. Alors, découragé, le faux chauffeur la laisse tranquille, en attendant que je revienne pour la remettre au top-santé. Depuis plus de 20 ans que nous nous promenons ensemble, nous n'avons pas divorcé, nous nous sommes seulement séparés le temps des vacances de l'été et un peu plus d'une année, l'année 2011-2012 lorsque je me suis fait opérer pour la prothèse de mon genou gauche. Depuis mon retour, nous avons repris la vie commune. Bien entendu il faut parfois que Solo Ouattara, mon mécano-docteur des voitures- en panne ou malades- la soigne... Alors elle repart avec beaucoup d'entrain sur les routes trouées et les pistes défoncées, il semble qu'elle aime ça... Pourquoi pas ?

Le dimanche après-midi 16 décembre, nous sommes allés, les frères Maurice Kouadio, Nestor Soro et moi, jusqu'au barrage de La Loka, barrage qui alimente Bouaké en eau. Mes deux confrères ne connaissaient pas le site. Nous n'avons, pour le moment, rien à craindre quant à notre ressource en eau, le barrage est plus que plein, il déborde même. Un canal creusé sur un côté, permet au trop plein de se déverser dans l'ancien lit du marigot qui alimente le barrage. Nous avons visité, au bas de la colline de granit qui surplombe le barrage, le centre où les animistes viennent offrir des offrandes à leurs fétiches. Comme d'habitude, il y a là pas mal de plumes de poulets, signe que les sacrifices se font toujours là. L'endroit d'ailleurs me plaît assez, car il y a de grandes et belles pierres de granit sculptées par l'érosion. Au retour j'ai proposé au frère Maurice de prendre le volant sur la route goudronnée. Il a passé son permis depuis quelque temps, et pour se faire la main, il faut bien qu'il conduise. Il conduit assez bien, mais comme tout nouveau chauffeur, parfois il est un peu trop à gauche, parfois un peu trop à droite. Son problème c'est qu'il n'arrivait pas à bien passer les vitesses, surtout la troisième, et aussi il avait des problèmes pour se servir de l'embrayage. Je ne sais pas pourquoi. Tout allait assez bien et voilà que nous arrivions aux premières maisons de Bouaké. Là, je devais prendre en main mon véhicule alors que nous arrivions à un premier barrage de gendarmes ou policiers, je ne sais pas trop, car les deux fonctionnaires n'avaient pas la même tenue. Un barrage ordinaire, comme tous les barrages routiers, avec une grosse herse qui barrait la route. Je commençais à demander à l'apprenti chauffeur de s'arrêter, voulant prendre en main la conduite de la Pajero, car nous entrions en ville. En ville, la circulation n'est pas du tout facile, tellement difficile même qu'au début de mon retour à Bouaké j'avais un peu peur de sortir avec mon engin. Il y a de très nombreuses motos, surtout des motos-taxis avec deux ou trois passagers, et nos motards vous coupent la route, vous font des queues de poisson, vous coincent et vous obligent à vous arrêter, et beaucoup de chauffards passent au feu rouge... aux rares feux qui ont été remis en service à Bouaké...

Bref, malgré mes appels, Maurice n'arrivait pas à arrêter la Pajero, il mélangeait les pédales, passant d'une vitesse à une autre sans débrayer... Et ce qui devait arriver arriva. Nous sommes passés sur la herse. Par chance, ou plutôt la providence a voulu que la herse, assez haute, se renverse, et nous avons passé sur elle. Nous nous sommes enfin arrêtés quelques 30 ou 50 mètres après le barrage sans avoir percé un seul pneu ! Il fallait alors entendre les coups de sifflets de nos gendarmes ou policiers. Je suis vite sorti et j'ai couru demander pardon, pardon et encore pardon, et expliquer que Maurice était un nouveau chauffeur. Maurice arrive, la mine pas très réjouie, et il a voulu relever la herse renversée, mais ça n'a pas plu à ces messieurs. Je continue sans cesse à demander pardon, pardon... pardon. Finalement le plus vieux nous demande : - Vous êtes des religieux ? et après notre réponse affirmative, il se tourne vers moi, et vous vous êtes prêtre ? - Mais oui, patron. Puis je tente le coup qui m'avait déjà sauvé une fois à Abidjan. Je réponds donc, oui, je suis prêtre, et vous savez bien que le prêtre vous donne le pardon de vos péchés, alors, pardon, pour une fois c'est à vous à nous pardonner... Il hésite et puis lance un ordre – Allez partez ! Ouf, nous n'avons pas même eu à donner 5 francs et surtout nous n'avons pas percé un seul pneu... La Providence, la Providence... Elle est là, ou bien les anges gardiens, qui ont beaucoup à faire à Bouaké...

Que le frère Maurice ne se décourage pas. Quel nouveau chauffeur n'a jamais fait une bêtise au commencement de sa prise en main de la voiture, alors qu'il n'a personne à côté pour le conseiller. Je me souviens, moi qui ai passé mon permis à Bouaké, un mois avant d'aller à Ferké, en septembre 1965, d'une sortie, alors que je venais de passer mon permis, avec un confrère qui n'avait pas encore son permis. Nous étions partis un dimanche après-midi pour visiter le village de Togonièré, à une vingtaine de kilomètres du collège Charles Lwanga. Un peu avant d'arriver au village, la piste était recouverte d'une épaisse couche de sable. J'allais un peu vite, je donne un grand coup de frein, et voilà que la voiture commence à danser et moi aussi, bien que faisant tout mon possible pour bien m'accrocher au volant. Je vois un petit pont et de l'autre côté de la piste de grandes rizières. Vais-je passer le pont, heurter le parapet, ou encore envoyer la voiture dans l'eau de la rizière ? Je n'en menais pas large, comme on dit. Mon confrère, lui, se taisait, peut-être il appelait les anges gardiens à notre secours. Moi, cramponné au volant, je visais au plus juste pour passer le pont sans problème Et le miracle a bien eu lieu : ouf, nous sommes passés sans incident sur le petit pont peux et j'ai pu reprendre en main la voiture et la conduire à bon port. Mais j'avoue que j'ai eu bien peur.

Autre nouvelle du collège, par deux fois, le 18, puis le 19 décembre, les élèves du public sont venus pour faire sortir nos élèves du collège. Ils sont en grève, car leurs professeurs sont en grève eux aussi. Ils refusent de donner les bulletins de notes à leurs élèves, car l'état leur doit de l'argent et cela depuis des années... Les enseignants font grève et pour obliger l'état à leur verser les primes ou augmentations promises, ils refusent de donner les bulletins de notes à leurs élèves. Et maintenant les élèves sont en grève pour obliger les professeurs à leur donner leurs bulletins de notes. C'est un cercle sans fin. De plus, des grèves de professeurs sont déjà programmées pour le début de l'année 2013. Pour nous, jusqu'à ces derniers jours du 18 et du 19 décembre, les cours ont été donnés sans problème. Qu'en sera-t-il en 2013 ?

Le mercredi 18 décembre donc, je sortais du collège pour aller donner un cours de bible à nos deux novices au noviciat qui est au Foyer Jeune Viateur. Je vois une foule d'élèves qui arrivaient à notre collège. Plusieurs milliers de jeunes venant en file indienne. Il y avait une file continue sur 2,5 kilomètres ou plus ! Il faut savoir que rien que le collège public Djibo compte plus de six milles élèves. Et en sortant de ce collège, les jeunes vont déloger d'autres élèves d'autres établissements, et ces derniers se mettent en route avec eux pour continuer à visiter d'autres collèges, surtout les collèges privés qui ne sont pas en grève, et ils vont faire sortir ces élèves pour que tout le monde soit à la même enseigne. Quand ils arrivent, il faut vite, vite faire sortir nos élèves, surtout il ne faut pas essayer de résister, car alors ce sont les vitres qui volent en éclat et les portes qui sont cassées et des élèves qui sont blessés. Nous avons l'habitude de ces visites et si les élèves sortent rapidement, il n'y a pas de casse, mais c'est stressant, et s'il y a quelqu'un qui leur jette une pierre, la bande rentre et tout peut arriver.

Nous pensions que le jeudi 19 ce serait calme. Nos élèves ont pu faire deux heures de cours avant d'être à nouveau chassés... Ouf, il n'y a pas eu de blessés, pas de casse, seulement quelques jeunes filles et jeunes garçons des classes de 6ème et 5ème qui ont été terrorisés ; il fallait leur parler pour qu'ils retrouvent la paix et osent partir à leur maison. Pour certains collèges, il y a eu pas mal de casse, car les élèves ont voulu chasser les assaillants. C'était surtout la seule chose à ne pas faire, mais certains sont chauds et pensent qu'ils vont faire partir ceux qui arrivent, ils ne se doutent certainement pas du nombre de jeunes qui arrivent... Nos élèves de la maternelle et du primaire quant à eux ont pu rester et travailler normalement, la grève ne les concernait pas, paraît-il.
Le vendredi 21 décembre, c'était le Noël anticipé des élèves du 1er et second cycle. Le matin, nous nous sommes retrouvés au drapeau, petite prière, l'hymne national et nous nous sommes dirigés vers la nouvelle pancarte qui était recouverte d'un tissu : sur ce tableau sont inscrites les valeurs que le collège veut inculquer aux élèves et à tout le personnel de l'année 2012-2013 jusqu'à l'année 2014-2015. Après cela, tout le monde a participé à la messe du Noël anticipé... Belle célébration, beaucoup d'ambiance, bonne chorale. Nous avons voulu mimer un peu la venue de Jésus en lisant l'évangile de la nuit de Noël. Nous avons vu arriver celui qui avec son tam-tam annonçait le recensement, puis Marie et Joseph sont venus se faire inscrire à Bethléem et nous avons découvert le petit Jésus... Un beau bébé, une poupée, qui a plu à toutes les fillettes, surtout les plus petites, qui demandaient toutes que je leur donne le petit Jésus. Beaucoup, en sortant de la chapelle ont voulu se faire photographier avec le petit Jésus dans les bras. Après la messe, les élèves, en salle des fêtes du collège, ont montré leurs talents de danseurs ou de danseuses, mais sur ce plan là, il n'y a rien à leur apprendre, car ils ont dansé, au dos de leur maman, dès leur plus jeune âge. Un petit repas, sandwich et boisson, fut servi à midi à nos élèves et à tous les enseignants et employés du collège. L'après-midi, il y eu des matchs entre les élèves du CM2 et les élèves de la 6ème, puis entre les enseignants du primaire et les enseignants du secondaire, puis match des enseignants contre les grands élèves, et aussi des enseignants contre les employés du collège... La fête fut belle...

Samedi 22 décembre, il y avait porte ouverte au primaire. Les parents étaient invités à rencontrer les maîtres et maîtresses de leurs enfants. A midi, la communauté des religieux fut invitée à prendre un repas avec tous les enseignants du primaire. C'est une habitude, une bonne habitude, qui permet de mieux nous connaître et de nous retrouver pas pour parler seulement des élèves, de leur travail, ou de leur conduite...

Maintenant nous sommes en congés, ouf... J'ai la joie d'aller célébrer la messe dans les villages de Notre-Dame de Nazareth, le 2ème et 4ème dimanche du mois. Les autres dimanches, ce n'est pas encore bien décidé où je dois aller. Monsieur Grégoire, le responsable de l'association Saint-Camille de Lellis, qui vient d'arriver du Bénin, voudrait que les autres dimanches j'aille célébrer dans la chapelle du centre des malades mentaux. J'y suis allé deux ans de suite, alors que j'étais au Foyer Jeune Viateur. Comme il vient juste d'arriver à Bouaké, il faut qu'avec lui je vois les prêtres qui ont été nommés pour aller célébrer à la Saint-Camille. Comme les deux prêtres ont beaucoup à faire, il paraît que l'un, curé de paroisse n'a pas le temps d'aller célébrer chez les handicapés mentaux. Il ne viendrait jamais dit-on. Le second y va très irrégulièrement et personne ne peut dire à quelle heure il va arriver, lui aussi ayant beaucoup de messes à célébrer le dimanche. Affaire donc à voir.

Pour préparer les cœurs à bien accueillir l'Enfant-Dieu de la crèche, nous sommes allés en soirée confesser dans les paroisses de la ville. Après les confessions, le curé de la paroisse invite tous les prêtres à un bon repas, ce qui fait qu'il y a toujours pas mal de prêtres et la célébration du pardon est moins longue.

Voilà, j'ai été trop bavard encore une fois... Mais vous n'êtes pas obligés de tout lire ! Bonne fête de Noël à tous. Merci pour tout, merci de prier et de penser à nous. Merci de votre amitié. Et j'embrasse bien toutes les personnes de ma famille... Chaque jour j'ai une pensée et une prière pour vous, surtout quand j'apprends que telle ou telle personne est malade, et je prie pour ceux qui s'en vont vers le Père.

Bonne, heureuse et sainte année à vous tous, chers amis connus et inconnus.

P. Roger

 

Nouvelles de Bouaké, Roger Debaud, csv - octobre 2012

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P. Roger Debaud
Collège Saint-Viateur
01 B.P. 1191, Bouaké 01
Côte d'Ivoire

Chers parents, chers amis, bonjour !

Me revoilà donc à Bouaké depuis le jeudi 11 octobre 2012, après quelques années passées à Ferké et l'année dernière en France. Je suis à présent, "comme neuf", de retour au Collège Saint-Viateur de Bouaké (qui fait aussi maternelle, école et lycée), que j'avais quitté il y a plusieurs dizaines d'années pour fonder la paroisse Notre-Dame de Nazareth à Bouaké, puis un passage au Foyer Jeune Viateur près d'ici et à Charles-Lwanga à Ferké.

Le voyage France-Côte d'Ivoire ? Eh bien il s'est bien passé, mais c'est quand même un peu long. Bien sûr, le vol, avec la compagnie aérienne Brussels Airlines, Lyon-Abidjan n'étant pas direct, cela se comprend. Il faut se lever tôt pour aller à Saint-Exupéry (l'aéroport de Lyon) car, pour l'embarquement, on demande d'être présent 2 h 30 avant le décollage de l'avion. Qu'il faisait froid et mauvais temps ce matin-là du 10 octobre pour partir de Vourles ! Il pleuvait et c'était une nuit bien noire et bien brumeuse. Heureusement avec son GPS, le frère Henri Boulon, qui avait bien voulu m'accompagner jusqu'à Saint-Exupéry, avait la route toute tracée. Maintenant ce ne fut pas facile de trouver le bon parking proche du terminal 1 pour n'être pas trop éloigné du lieu de l'enregistrement. Tout s'est quand même bien passé, et je n'étais pas en retard pour l'enregistrement. Là, je n'ai eu aucun problème ni de poids des bagages, ni d'objets interdits.

Arrivés à Bruxelles, il faut marcher, beaucoup marcher sur des tapis roulants avant d'atteindre le point d'embarquement pour la Côte d'Ivoire. L'avion pour Abidjan, c'était un Airbus A 330-300 qui, d'après les renseignements que j'ai pu avoir avec le livre qui est offert aux passagers, contient 284 sièges, mesure 63,66 mètres, et a une envergure des ailes de 60,30 mètres et une hauteur du sol au sommet de la queue de l'appareil de 16,91 mètres. Quel poids de l'appareil ? Ca, je n'ai pas pu le savoir ! Quelle puissance il faut donc pour faire décoller de tels bolides ! C'est le fruit de bien des recherches, de bien des essais. En moi-même je faisait cette prière à Dieu pour lui rendre grâce : Seigneur sois béni pour ces appareils qui permettent aux hommes de tous les pays de se rencontrer et d'apprendre à s'aimer malgré leurs différences.

A Abidjan, les frères Wilfried et Soro Nestor étaient là pour m'accueillir et m'amener au scolasticat. Mais là, nous avons eu un problème : la police avait placé un sabot à une roue du véhicule qui stationnait à un endroit interdit. le frère Wilfried a eu beau parlementer, il a fallu se décider en fin de compte à payer l'amende, mais avec un reçu quand même ! Le jeudi, après avoir salué les confrères du collège Saint-Viateur d'Abidjan, nous sommes partis pour Bouaké. Mais, là encore, que c'est long, long pour arriver à bon port. Abidjan, le matin, c'est comme toutes nos grandes villes, des bouchons, des bouchons... En pire ! Il faut être adroit pour se faufiler entre des milliers de voitures pour finalement sortir de la capitale économique. Puis sur la route Abidjan-Bouaké, avec les travaux d'entretien de la route, il faut patienter et garder son calme... C'est vers 14 h et quelque que nous sommes arrivés. Ouf ! enfin nous voilà à Bouaké qui me semble n'avoir pas trop changé depuis les 14 mois que j'ai quitté la Côte d'Ivoire. J'étais très heureux de retrouver mes confrères, les associés et de nombreuses connaissances. Tout le monde de me dire bonne arrivée, et de reconnaître qu'il y avait un peu longtemps qu'ils ne m'avaient pas vu... Eh oui, un peu longtemps, 14 mois, que j'ai trouvés bien longs... Je retrouve la vie d'ici avec joie.

Pour le moment je n'ai pas encore repris la Pajero, mais notre mécano, mon mécano plutôt, Solo, car mes confrères en ont un et moi un autre que je connais depuis... on dit pas, un peu bandit sur les côtés, mais bon mécano quand même et il faut discuter avec lui pour la facture : 1er prix, second prix et le 3ème prix sera le bon... On se connaît, on sait comment il faut agir... Solo va donc me la remettre en route.

Tout semblait bien aller... et voilà que la nuit du vendredi 12 au samedi 13, nous avons eu des visiteurs dont nous nous serions bien passés. Personnellement, c'est vers 5 heures du matin que j'ai entendu crier quelqu'un pas trop loin du collège, me semblait-il. Mais je pensais que les cris venaient du dehors, sur le grand terrain en face de la concession du collège, du côté du stade. De plus, cette voix, il me semblait que c'était celle d'une femme. Aurait-elle été agressée par des bandits, violée peut-être... Puis le frère Wilfried qui avait été informé de ce qui s'était passé nous a annoncé que des bandits armés de kalachnikovs étaient rentrés chez nous, qu'ils avaient ligoté le gardien, qu'ils lui avaient volé son arme, et ce n'est qu'à l'arrivée d'un autre de nos gardiens qu'il avait eu la bouche libérée pour crier et appeler au secours. La police fut vite informée, mais on nous dit que ce n'est que vers 8 h qu'elle viendra et de plus il faudra aller la chercher, la police n'ayant pas de véhicule ou pas de carburant. Un seul policier est venu. Personne n'était entré dans les bureaux visités par les voleurs. L'enquête ! Bien minable, à notre avis à tous. Il a simplement noté sur une demie feuille de papier ce qu'on lui a dit, et il a demandé qu'on prenne des photos. Plus tard la police de l'ONU est venue. Les Onusiens n'étaient pas contents : ce n'est pas comme cela que l'on mène une enquête... Il fallait plusieurs policiers et prendre des empreintes... Donc, nous avons eu plusieurs portes de fracturées, et une belle somme a disparu du bureau de l'économat... Les deux gardiens ont été placés en garde à vue. Celui qui a été attaqué est sorti, l'autre pas encore. L'enquête se poursuit et il semblerai que ce dernier ne soit pas trop clair. Mais ne jugeons pas sans preuve, pas vrai ?...

Le dimanche 14 octobre, j'ai concélébré à la chapelle du collège Saint-Viateur, heureux de retrouver des têtes connues. L'après-midi du dimanche nous étions invités par le curé, tous les agents pastoraux de la paroisse Saint-Jean-Baptiste d'Ahougnansou pour déjà faire un petit planning pour l'année pastorale qui va s'ouvrir dimanche prochain. Ce lundi, j'ai été présenté aux deux montées des couleurs qui ont lieu tous les lundis pour ouvrir la semaine de travail : celle des élèves du 1er et second cycle puis celle des élèves des classes du primaire et de la maternelle. Le directeur, lors de la montée des couleurs des élèves du 1er et second cycle, a posé une question, le père Roger Debaud est un prêtre : que font les prêtres, que va faire le père Roger Debaud, que va t-il enseigner ? Une fille lève la main : il va enseigner l'Anglais ! S'il me faut parler en anglais aux élèves, lors du cours de formation humaine et religieuse, ce sera court et je ne promets pas d'y mettre le bon accent ! Ce serait du patois de chez nous, ça irait encore, mais la langue de nos frères britanniques, ce n'est pas mon fort, malheureusement d'ailleurs.

Que de monde, surtout avec les élèves des classes primaires et des classes de la maternelle ! Qu'ils sont beaux les petits de la maternelle, les fillettes avec leurs robes rose, et les garçonnets avec leur tenue bleu azur... Mais qu'il est dur pour les enfants des classes maternelles de quitter papa ou maman... et quand une fillette se met à pleurer, d'autres font vite l'accompagnement... certains garçons aussi jouent la même partition, mais pas avec le même rythme...

Je me mets petit à petit en situation de service. Le frère Maurice Kouadio est avec moi.
Voilà, je termine, merci pour votre amitié, pour tout ce que j'ai vécu ces 14 mois passés en France. J'ai redécouvert mon pays... avec de belles choses, mais aussi de bien vilaines, comme partout dans le monde. C'est aussi ça la mondialisation, pas vrai ? Tout s'exporte ! Merci et croyez bien que je pense souvent à vous et que j'ai souvent une prière pour vous tous. Merci de prier pour moi, pour nous. Je vous redis mon amitié.

P. Roger

 

NDLR :  

Les murs de Saint-Viateur Bouaké sont devenus trop étroits cette année pour accueillir tous les petits de la maternelle (ils sont déjà 130 !) et du Primaire (autour de 540). Le premier cycle est maintenant à base 4 en 6ème et en base 3 pour les autres classes, ce qui donne environ 560 élèves. Le second cycle est à la traîne avec seulement 210 élèves. Si on fait le total, le collège atteint maintenant 1435 élèves ! Son nouveau directeur général est le P. Maxime Gomez, csv, venu d'Abidjan.


L'internat vient d'ouvrir ses portes avec une bonne cinquantaine de pensionnaires. Les soeurs Ursulines, à 10 mn du collège, ont agrandi leur capacité d'accueil des internes filles, autour de 45. Les soeurs de la Providence de la Pommeraye ont aussi une grande maison, mais située un peu plus à l'écart (5 km). Saint-Viateur prévoit de réhabiliter l'internat garçons qui se situe au second cycle. Les locaux sont vraiment vétustes et demandent à être totalement rénovés.


La subvention de Saint-Thomas d'Aquin pour l'aide à la scolarisation est bien arrivée dans la banque BNI de Bouaké grâce aux bons offices de Gérard Vélu.  


Le Père Léon Desbos, économe du collège, venait de s'installer au Noviciat, au foyer Jeune Viateur, début octobre, pour seconder le P. Ernest Goudjinou, lorsqu'il a été élu Supérieur de la Délégation viatorienne de France, qu'il rejoindra donc ultérieurement. Il succède ainsi au P. Pierre Demierre.


En juin dernier, la fondation viatorienne de Côte d'Ivoire a été érigée en Vice-Délégation, avec le P. Augustin Koné comme Supérieur, succédant au P. Carlos Orduna lequel reste directeur de Saint-Viateur Abidjan.


Rappelons par ailleurs que le P. Alain Ambeault a été élu Supérieur général des Clercs de Saint-Viateur au mois de juillet dernier à Rome, succédant au P. Mark Francis.


Ainsi va la vie. Et la vie continue !

 
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> Foyer Jeune Viateur à Bouaké ;
> Etablissements Don Bosco (Salésiens), Champagnat (Maristes), Sainte-Elizabeth (Filles de la Croix) de Korhogo
> Collège de filles de Béoumi (Soeurs de La Providence, avec le Foyer de filles de Marcory, le Centre Chappoulie de Yopougon et le Foyer de filles de Bongouanou) ;
> CERAP-INADES (Centre de Recherche et d'Action pour la Paix) (Jésuites) et ASMU (Action sociale en milieu urbain, avec les Xavières) à Abidjan ;
> Centre de rééducation fonctionnelle Don Orione et Centre Culturel Catholique de Korhogo (Xavières) ;
> Centre de santé mentale Jubilé de Korhogo (Filles de la Croix) ;
> Orphelinat Le Bon Samaritain à Katiola ;
> Hôpital général et de santé mentale Saint-Camille à Bouaké (Grégoire Ahongbonon avec LACLEF) ;
> Maison des Bébés - Amis des malades (Elizabeth et Augustin Amoakon) à Bouaké
> Caritas de Notre-Dame de Nazareth et de Saint-Paul de Gonfreville à Bouaké, de Saint-André Kagwa à Bouna et de Sainte-Odile à Bondoukou ;
> Foyer de filles Clair Logis, Maison de l’Enfance, Centre Solidarité Action Sociale avec Orphelins Enfants Sida (OSI), Monastère et Centre de santé - maternité Sainte-Marie Oliénou (Bénédictins) à Bouaké ;
> Dispensaire, école et projet spiruline de Raffierkro ;
> Ecoles et centres d'apprentissage des Soeurs de Saint-Joseph (Taabo et Tiassalé) ;
> Société de l'Apostolat Catholique - Pallotins (Notre-Dame de la Paix, Yamoussoukro et Grand-Béréby) ;
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