Depuis 1955, Saint-Viateur en Côte d'Ivoire :
Roger Viargues, le pionnier
La communauté Saint-Viateur a été fondée à Lyon (France) par le Père Louis Querbes (1793-1859). C'était un jeune curé de la paroisse de Vourles, près de Lyon, un prêtre catéchiste et éducateur. En voyant la jeunesse de son temps abandonnée, et les prêtres des paroisses seuls et découragés, il a fondé la communauté Viatorienne pour donner aux jeunes des éducateurs chrétiens et, aux prêtres des paroisses, des auxiliaires et des collaborateurs pour la catéchèse et la liturgie.
La particularité de la communauté de Saint-Viateur, c'est la composition de ses membres. Depuis les origines, ce sont des religieux et des laïcs qui vivent ensemble dans une communauté Viatorienne. Leur mission dans l'Eglise et dans la société, c'est l'éducation chrétienne de la jeunesse et l'aide ou la collaboration avec les prêtres diocésains qui ont la charge des paroisses pour la catéchèse et la liturgie.
Au cours des années 50, les Clercs de Saint-Viateur, interpellés par les appels de l'Eglise à la mission universelle, quittent l'Europe et l'Amérique du Nord pour aller porter le flambeau Viatorien en Chine et au Japon, en Amérique latine et en Afrique.
Ce sont les Viateurs de France qui vont répondre aux appels de l'Eglise en Afrique pour venir offrir leur charisme d'éducateurs chrétiens et de collaborateurs paroissiaux. Plusieurs pays sont visités par le responsable de la Congrégation : le Cameroun, le Dahomey, la Haute-Volta, le Soudan, le Sénégal et la Côte d'Ivoire. C'est ce dernier pays qui sera retenu pour l'aventure africaine viatorienne.
Pourquoi la Côte d'Ivoire ? Parce que la Côte d'Ivoire proposait aux Viateurs un projet qui s'accordait bien avec leur charisme et les objectifs de leur mission. En effet, Monseigneur André Duirat, premier évêque de Bouaké, voulait construire dans son diocèse une Ecole Normale et la confier aux Clercs de Saint-Viateur afin de former des instituteurs et des catéchistes pour répandre la culture et la foi à travers les écoles primaires aussi bien dans la ville que dans les villages.
Le projet trouve l'adhésion enthousiaste des Viateurs de France. Plusieurs sont prêts à partir pour la mission de Bouaké. Qui aura la responsabilité de cette fondation ?
C'est le Frère Roger Viargues, envoyé par sa province en 1955, qui quitte son pays natal de l'Aveyron pour la Côte d'Ivoire. C'est l'aboutissement des appels de l'église et d'une réflexion communautaire. En se mettant au service d'une Eglise d'un autre continent, les clercs de Saint-Viateur de la province de Rodez entrent dans une mission éducative tenant beaucoup plus de l'aventure que de l'inconnu et de l'acquis.
1956 : Un renfort de trois religieux, le Père Jean Laur, les Frères Galtier et Terrier, permet l'ouverture du Cours normal Saint-Viateur.
1957 : Avec l'arrivée du Frère Morin, du Canada, l'activité théâtrale prendra chaque année plus d'ampleur.
Les machines de l'atelier poursuivent les activités et les Frères animent des sections pédagogiques dans les divers diocèses de Côte d'Ivoire.
1959 : En octobre, démarrage de la fanfare dont le but est d'occuper utilement les temps libres et de rehausser les fêtes religieuses et profanes grâce à la musique. Comme chaque année, pendant les vacances d'été, un nouveau bâtiment sort de terre. Cette fois, c'est le pavillon pédagogique pour la formation des maîtres.
1960 : Dans les années qui suivent, le souci pédagogique sera important pour les maîtres. Successivement, trois livres seront édités pour les aider dans leurs tâches.
1961 : Ouverture du juvénat pour assurer la relève des religieux. Construction de la chapelle. Lancement du bulletin " La route de l'amitié " pour animer les anciens élèves. Le Père Jean Laur édite " Sur la route de l'amour " qui connaît un grand succès.
1964 : Le collège (1er cycle) voit le jour avec l'arrivée d'un fort contingent de religieux et de jeunes coopérants. Le Père Laur fonde le collège Saint-Viateur Charles Lwanga à Ferkessédougou.
1969 : Nouveau bâtiment à étage et nouveau mobilier attendent les élèves du second cycle qui s'ouvre en octobre, dirigé par le Frère Robert Hémon, du Canada. Le juvénat s'installe dans les nouveaux locaux du Foyer Jeune-Viateur.
Parallèlement au classement de Saint-Viateur en tête des établissements ivoiriens, les années 70 verront la prolifération des activités extra-scolaires : théâtre, musique, ciné-club, laboratoire photo, journaux, radio Saint-Viat, jeux olympiques etc..., dans une effervescence et une créativité encouragées et stimulées par l'énergie, le dynamisme et la modernité de ce Frère hors du commun, sachant rallier toutes ses équipes au service d'une nouvelle pédagogie tout à la fois éprouvée et expérimentale.
1975 : Le Frère Viargues se retire de Bouaké pour prendre en charge le collège de Ferkessédougou. Le premier site de Bouaké est confié à un Ivoirien, Aké Atsé Pierre. L'africanisation s'accentuera avec plus de 40 professeurs ivoiriens en charge des collèges et des lycées.
1977 : Avec l'arrivée du Frère Paul Alazard, le Foyer Jeune-Viateur diversifie ses activités : accueil, sessions de formation et de retraite, lieu de repos pour les prêtres, catéchèse.
1981 : Le collège-lycée Saint-Viateur de Bouaké fête son 25ème anniversaire.
Les années qui suivent voient l'élargissement des oeuvres de Saint-Viateur à la paroisse Notre-Dame de Nazareth à Bouaké, et, crise économique aidant, à de nombreuses activités sanitaires et sociales destinées à toutes les catégories de population démunie.
2000 : Ouverture du Collège Saint-Viateur d'Abidjan, grâce à la générosité des institutions privées et publiques d'Espagne, (SERSO, Manos Unidas, AECI, Gouvernement Basque, FASV, etc...) Que de chemin parcouru !
2005 : Cinquantenaire de Saint-Viateur en Côte d'Ivoire en présence de Monsieur le Premier Ministre Guillaume Soro.
50 ans après, sur 27 religieux Viateurs, 20 sont Ivoiriens ou Africains et, sur 27 Viateurs laïcs associés, tous les 27 sont Ivoiriens ou Africains. C'est là le meilleur fruit que nous offrons en ce cinquantenaire, car ces frères ivoiriens et africains sont la garantie d'avenir de l'œuvre Viatorienne en Côte d'Ivoire.
Le grand fruit ce sont surtout des centaines et des centaines de jeunes ivoiriens formés dans les collèges Viatoriens, dont le sérieux dans le travail et la rigueur dans la discipline leur ont tressé des lauriers, inscrivant ainsi une page éclatante et merveilleuse dans l'histoire de l'Eglise et du système éducatif ivoirien.
Il est bon de se réjouir de cette chaîne ininterrompue de succès scolaires et aux examens du BEPC et du Baccalauréat.
Depuis le début des années 2000 cependant, la crise politique et économique qui sévit en Côte d'Ivoire, les années de guerre, ont été des épreuves difficiles à vivre et à surmonter, car cette situation a mis en péril les établissements et les structures sociales de Saint-Viateur comme tant d'autres, et en difficultés leurs responsables et animateurs. Que leur courage, leur ténacité et leur persévérance soient salués. Y avoir survécu est un gage de longévité durable et un encouragement pour les années à venir.














