FONDS D'ACTION SAINT-VIATEUR
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LES "NOUVELLES DE COTE D'IVOIRE" du FASV
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Nouvelles de Saint-Viateur Côte d'Ivoire : Abidjan (Carlos Orduna), Bouaké (Javier Martinez), Ferké (Roger Debaud)
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FONDATION VIATORIENNE DE COTE D’IVOIRE
QUELQUES FLASHS SUR 2007-2008 ET UN REGARD VERS L’AVENIR
Chers amis du F.A.S.V.
A travers vos actions, vos cotisations, l’envoi des containers d’aide humanitaire, des minis cars etc., vous montrez toujours votre amour pour l’Afrique, pour la Côte d’Ivoire et plus particulièrement pour les œuvres éducatives et sociales des Viateurs dans ce pays.
Afin que vous ayez une perception plus claire de la famille
viatorienne de Côte d’Ivoire et que votre motivation et communion avec
nous soient plus intenses, je vous transmets quelques
nouvelles de l’année écoulée et quelques pistes que
j’ai présentées aux Viateurs pour l’avenir.
La toile de fond
La Fondation Viatorienne de Côte d’Ivoire poursuit sa marche ascendante dans
les différents domaines de sa vie et de sa mission. Cependant, elle continue de
subir les effets de la crise sociale, morale, politique et économique qui
a déstabilisé le pays depuis septembre 2002 et qui, six ans après, n’a pas
l’air d’arriver à sa fin.
Sur cette toile de fond, je vous présente l’évolution de la Fondation aussi bien dans sa globalité, en tant qu’entité Viatorienne, que dans ses
œuvres, personnes et communautés.
Quelques statistiques :
Viateurs religieux : au 31 Décembre 2007, la Communauté Viatorienne de Côte d’Ivoire comptait 29 Viateurs religieux. En juin 2008, il y a
eu deux nouveaux profès (Frères GNAGO Anicet et KOUAKOU Serge ). Le nombre des
religieux est monté à 31. Par la suite, il y a eu deux départs de la Congrégation, ce qui ramène de nouveau à 29 le nombre des Viateurs religieux au 31 décembre
2008.
Parmi les 29 religieux, 7 sont Européens et 22 Africains. Parmi les
7 européens, 3 de la Province de France et 4 de la Province d’Espagne. Parmi les 22 religieux africains, (toujours au 31 décembre 2008) : 11
dans la vie active, 10 aux études et 1 convalescent ; 11 de vœux perpétuels,
11 de vœux temporaires ; 18 frères, 3 prêtres et 1 diacre. Parmi les
10 religieux aux études, 5 au Celaf, 1 à l’I TCJ (Institut Théologique de
la Compagnie de Jésus), et 4 aux études universitaires, à Abidjan (2) et à
Ouagadougou (2).
Viateurs associés : au 31 décembre 2007, la Fondation comptait 26 Viateurs associés. Le 23 juillet 2008 notre sœur Mme KOFFI
Anastasie a été rappelée à Dieu. Au 31 décembre 2008, les associés sont
au nombre de 25 : 18 à Abidjan, 5 à Bouaké et 2 à Ferké. Dix d’entre
eux travaillent dans nos collèges, deux à la paroisse N D de
Nazareth et treize à l’extérieur de nos œuvres.
Une année de marche vers un nouveau statut
L’année 2007- 2008 a été marquée par les nombreuses rencontres autour de la
question du futur nouveau statut de la Fondation. Il faut rappeler que déjà en octobre 2007, une première assemblée extraordinaire avait eu lieu à
Bouaké sur ce sujet, autour du Supérieur Provincial. Une deuxième
assemblée a eu lieu à Bouaké en décembre 2007 sur le futur statut. Une
troisième assemblée extraordinaire, toujours sur le même sujet, s’est
tenue à Bouaké les 10 et 11 mai, autour du Père Général et du Conseiller
Général, Père Alain Ambeault. La réflexion s’est poursuivie pour
atteindre son sommet à la rencontre de Vourles, les 15 et 16 octobre 2008.
Cette rencontre a réuni autour du Supérieur Général, un comité « ad hoc »
composé des Supérieurs Provinciaux de France et du Canada, les Supérieurs des
Fondations de C.I. et du B.F., un autre membre de chacune des deux Fondations
et le Père Alain Ambeault, Conseiller Général. La rencontre de Vourles
s’est passée dans un climat de franchise et d’ouverture, le regard tourné vers
l’avenir.
Le comité « ad hoc » a adopté une proposition de nouveau statut pour la fondation
viatorienne de Côte d’Ivoire. Cette proposition sera présentée au Conseil
général extraordinaire qui devrait se réunir en janvier 2009. Si elle est
adoptée, ce nouveau statut fera de la Fondation une « Vice- Délégation ».
Célébrations Viatoriennes : moments forts de fraternité
Comme chaque année, diverses célébrations ont rassemblé les Viateurs de la Fondation. C ’était à l’occasion des vœux, des ordinations, des mariages ou des
obsèques. Cette année, nos pouvons souligner :
- les premières professions religieuses des FF KOUAKOU Serge et GNAGO Anicet ,
le 28/06/08
- le renouvellement des vœux des FF HOUESSINON Wilfried , N’GUESSAN
Jean-Claude, GNAMIEN Anatole et BAH Noël, le 28/06/08
- l’ordination presbytérale de Frère Maxime GOMEZ le 29/06/08.
- le mariage du Viateur associé BE KOUADIO Raphaël le 31 Mai 2008.
- les obsèques de Mme KOFFI Anastasie, décédée le 23 juillet 2008.
- la réception des ministères institués du Frère Augustin KONE le 27 décembre
2008
- l’ordination diaconale du Frère Jean Didier SOHOTODE, le 27 décembre
2008.
Ces célébrations ont mobilisé l’ensemble des Viateurs qui se sont organisés
chaque fois en commissions (liturgie, accueil, restauration, transport,
etc.) pour la réussite et la bonne organisation. Ces équipes sont à
féliciter car elles travaillent à chaque occasion avec grand dévouement
et abnégation, et contribuent à créer un climat d’ordre, de bonne organisation
et de fraternité.
L'élévation des oeuvres viatoriennes
vers la sortie de crise
Dans la Fondation de C.I. nous exerçons la mission viatorienne
catéchétique, sociale et éducative dans des structures variées, à travers
des engagements divers personnels et/ou communautaires. Mais en tant que
Fondation et de façon officielle, nous exerçons la mission à travers 5 œuvres
dont nous avons la pleine responsabilité : les trois collèges (Ferké, Bouaké et
Abidjan), le Foyer Jeune Viateur et la Paroisse N D de Nazareth. Je ne vous détaillerai pas ici le travail apostolique, éducatif et social accompli par
les Viateurs pendant cette dernière année aussi bien dans nos œuvres que
dans les autres institutions paroissiales, sociales ou éducatives. Je
soulignerai seulement quelques aspects.
- Au niveau de la Paroisse N D de Nazareth, la communauté
viatorienne continue de réaliser un énorme travail d’évangélisation et
d’assistance sociale et éducative, en ville comme aux villages.
- Au niveau du Foyer Jeune Viateur, on constate une évolution
positive en ce sens que les groupes qui sollicitent le Foyer sont de plus en
plus nombreux. Cela donne un nouvel élan à ce centre d’accueil qui retrouve
petit à petit son ancien essor. Les conditions d’accueil se sont
beaucoup améliorées surtout avec la réalisation d’un forage, grâce
à l’aide du FASV. Le problème de l’eau qui était essentiel est résolu.
- Pour ce qui est des trois collèges, nous soulignerons qu’ils ont
traversé cette année encore une période de difficultés surtout dans
le domaine économique et financier.
Les collèges de Bouaké et de Ferké ont cumulé pendant ces années de
crise d’énormes dettes qu’ils n’arrivent pas à éponger. Les causes
principales sont : la diminution drastique du nombre d’élèves,
l’appauvrissement des familles qui n’arrivent plus à payer la scolarité, la non
affectation d’élèves de la part de l’Etat. Il faut ajouter à cela la décision
de la DNEC d’augmenter les salaires des enseignants, ce qui a encore aggravé la
situation. Des voix s’étaient même élevées pour nous suggérer la
possibilité de fermer ces deux établissements Viatoriens en mettant tout le
personnel au chômage technique. Ne voulant pas nous résigner à ce genre de
démission, nous avons pris notre courage à deux mains pour réaliser mille
et une démarche de demande de secours tant auprès des autorités ecclésiales
et gouvernementales qu’à l’extérieur du pays.
Au niveau du Collège S.V. de Bouaké, un programme de bourses pour
favoriser la scolarisation des filles a été sollicité par le FASV auprès de la Fondation « Orange-Telecom CI ». Le financement de ce projet a donné une
impulsion positive à l’évolution de l’établissement vers sa normalisation. Un
signe de cette amélioration est la progression des effectifs qui est
passée de 775 à 840 élèves. Il faut mentionner aussi les aides
de certains organismes tels que SERSO, MANOS UNIDAS, FASV, FONDATION MASSIEYE,
ONUCI, etc. qui ont financé d’importants projets de réhabilitation.
Tout cela aide le collège à avancer vers une situation normale. Que ces
organismes soient vivement remerciés.
De son côté, le Collège St Charles Lwanga de Ferké qui a subi des
difficultés semblables à celui de Bouaké, évolue positivement. Les
effectifs sont passés de 656 élèves en 2006-07 à 710 en 2007-08 et
740 élèves en 2008-09. Il convient de mentionner (et de remercier vivement)
plusieurs organismes et institutions qui sont venus au secours de
l’établissement, en cette période de crise, avec des aides importantes : SERSO,
MANOS UNIDAS, FASV, FONDATION MASSIEYE et surtout l’Association des
MISSIONS VIATORIENNES que dirige en France le Père Pierre Demierre.
Le Collège S.V. d’Abidjan, quant à lui, est au maximum de ses capacités
: 1546 élèves. Le fonctionnement est normal. L’esprit est bon. Les résultats
des deux premières promotions présentées au BAC sont excellents. Il y a
un engouement très fort de la part des parents pour inscrire tous leurs enfants
à St Viateur. La présence viatorienne est exercée par une équipe
dynamique de 4 religieux et de 7 associés engagés soit dans
des hauts postes de responsabilité soit comme enseignants et animateurs
du parascolaire. Le problème majeur du collège est financier, en
raison des sommes importantes qui ont dû être engagées pour finir la
construction et l’équipement des derniers bâtiments, conduisant le collège à
s'endetter auprès des institutions financières pour pouvoir boucler les années
scolaires. Mais les engagements de remboursement à court terme et avec des
intérêts élevés, obligent le collège à s’endetter de nouveau chaque
année. Cela installe le fonctionnement financier du collège dans un
cercle vicieux dont il est difficile de se libérer à court terme.
Les parents d’élèves, ayant compris cette situation, ont constitué
un « Comité de mobilisation de fonds » dont la mission est de solliciter
auprès des entreprises et des donateurs les fonds nécessaires pour
achever les chantiers en souffrance. Le Comité commence à porter ses premiers
fruits : un don important pour le chantier d’extension de cantine- salle
polyvalente vient d’être octroyé par une entreprise de la place et d’autres
dons pour la finition de ces chantiers ont été annoncés. Cela permettra
au collège de finir ces investissements sans avoir recours à l’argent du
fonctionnement.
La formation
La formation est l’un des aspects les plus importants de la vie de la Fondation. Pendant l’année 2007-08, nous avons eu 26 personnes en formation y
compris les postulants, novices et religieux, sans compter certains Viateurs
associés qui font des formations particulières en dehors des heures de travail.
Un grand effort est fait pour donner à chaque jeune religieux une
formation solide aussi bien religieuse que profane.
La formation religieuse est généralement celle du CELAF
INSTITUT. Quant à la formation profane, on tient compte des besoins de la Fondation et des aptitudes de la personne. Malheureusement , le désordre qui s’est emparé des
universités ivoiriennes, désordre qui semble s’installer aussi à l’université
de Ouaga, commence à poser un sérieux problème quant à la formation
universitaire de nos jeunes religieux.
Pour la formation des futurs Viateurs prêtres, nous avons décidé de faire
l’expérience de l’I TCJ en y inscrivant deux Viateurs étudiants en théologie à
la rentrée 2008-2009. La formation religieuse des Viateurs associés reste
un défi que l’on n’a pas encore relevé.
La Communauté Viatorienne
La dislocation des communautés locales intervenue au moment de l’éclatement de
la guerre en 2002 a changé la physionomie de la communauté viatorienne de
Côte d’Ivoire. Presque tous les Viateurs associés ont du se concentrer
sur les deux communautés d’Abidjan. Onze Viateurs associés à la Palmeraie et sept à Bonoumin contre 2 à Nazareth, 3 à SV Bouaké et 2 à Ferké.
Les actions sociales
Le volet social fait partie des préoccupations des Viateurs de Côte d’Ivoire. A
l’intérieur de nos collèges, par l’instauration d’un SAS (Service d’aide à
la scolarité) on essaie d’être attentif aux familles en difficulté
; à travers le programme de bourses ou à travers le projet de «
bouillie » ou cantine scolaire ; on essaie d’apporter une aide à ceux qui
sont dans le besoin.
D’autres actions sociales sont menées par la Paroisse N D de Nazareth à caractère éducatif, sanitaire et social dans la ville et dans
les villages relevant de la paroisse. Des Viateurs apportent
une aide à la population à travers leurs engagements sociaux,
l’assistance aux bébés, aux enfants mal nourris, aux personnes âgées,(v. g.
Centre N.D. de la Visitation de Bouaké), aux prisonniers, aux
déplacés de guerre, aux handicapés, aux malades mentaux, etc.
SERSO (avec les aides obtenues des institutions basques), FASV (avec les
containers d’aide humanitaire et l’envoi des minibus pour la Fondation), l’Association MISSIONS, dirigée en France par le Père Demierre (avec ses
collectes et ses dons), constituent les principaux organismes qui nous
permettent de venir en aide à beaucoup de personnes dans le besoin, sans
oublier la Province de FRANCE en tant que telle, l’œuvre de L’ANGE GARDIEN, la Province des ETATS-UNIS et la Solidarité viatorienne internationale, qui sont d’un
grand secours pour la vie même de la Fondation et pour le soutien des maisons de formation.
Vers l'avenir
L’avenir est devant la communauté viatorienne de Côte d’Ivoire car une
famille capable d’engendrer chaque année de nouveaux fils a un futur
prometteur. Mais le tout n’est pas d’avoir beaucoup d’enfants… Il faut
qu’ils soient bien formés, convaincus de leur vocation, enracinés dans le roc
et que l’on prévoit à temps où, quand et comment ils exerceront la mission
viatorienne. Avec le nouveau statut, il faudra à la Fondation de
nouvelles structures et de nouvelles personnes pour l’animation.
Ces nouvelles structures devront tenir compte de plus en plus du partenariat
que l’on veut intensifier avec la Fondation du Burkina Faso. Elles
devraient intégrer davantage les Viateurs associés pour qu’ils se
sentent de plus en plus responsables de la vie et de la mission de la
communauté.
Concernant les œuvres, si à Abidjan et à Ferké les conventions entre
Diocèse et Congrégation ont été signées depuis plusieurs années, ce n’est
pas le cas à Bouaké. En effet, l’éclatement de la guerre et le décès de Mgr
Vital Yao n’ont pas permis d’achever les démarches entreprises. Il faudra
donc les relancer pour que, face à l’avenir, les relations entre
l’Archidiocèse de Bouaké et la Congrégation par rapport aux implantations
viatoriennes dans cette ville, soient claires et précises.
Si dans la formation des jeunes religieux, les études religieuses et pédagogiques de base sont devenues déjà une tradition et un acquis, Il faudra cependant une planification plus soignée des études profanes en fonction des postes de travail à pourvoir dans nos œuvres. D’autre part, on doit songer à préparer des futurs responsables pour ces œuvres et pour les maisons de formation ; il faudra aussi penser à un deuxième cycle de formation et de spécialisation pour ceux qui, après leur première formation, ont déjà donné plusieurs années de leur vie sur le terrain. Il faudra enfin faire quelque chose de concret pour relever le défi de la formation religieuse des Viateurs associés.
Dans quelques mois, le nombre de Viateurs religieux pourrait
rapprocher la quarantaine. Ne faudrait-il pas déjà discerner et oser
créer de nouvelles insertions pour de futures fraternités viatoriennes :
paroisses, centres de jeunesse, présences dans des quartiers défavorisés,
écoles techniques, etc. ? N’oublions pas que nous avons été appelés par
des évêques de trois diocèses différents : Man, San Pédro, Agboville…et que
leurs appels demeurent… D’autre part, la création de la nouvelle paroisse
St-Viateur à Abidjan, qui est née et qui grandit dans notre maison, n’est-elle
pas aussi pour nous un appel à nous y impliquer d’une façon formelle
comme Congrégation et Communauté Viatorienne de concert avec
l’évêque du diocèse ? Ce sont là des interrogations et des pistes
d’avenir qui nous interpellent et nous aident à rêver et à
avancer vers le futur…
La Communauté Viatorienne aura besoin d’un renouveau qui pourra venir non
seulement des nombreux jeunes religieux qui arrivent mais aussi
d’une nouvelle génération de Viateurs associés et de ce que nous saurons
bâtir ensemble avec les Viateurs du Burkina Faso.
Le chemin est grandement ouvert devant nous car, même si « nous n’avons ni or ni argent », nous avons la plus grande des richesses, celle d’une Fondation pleine de jeunes personnes, dynamiques, engagées ou prêtes à s’engager pour l’annonce de l’Evangile selon le charisme de Louis Querbes.
Carlos Orduna , csv,
Supérieur de la Fondation,
Bouaké, le 31 décembre 2008
Nouvelles du Collège Saint-Viateur de Bouaké
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COLLEGE CATHOLIQUE
Bouaké, le 1er janvier 2009
« SAINT VIATEUR »
BOUAKE
Avant
tout propos, comme on a l’habitude de le dire ici, permettez-moi d’exprimer : Mes Meilleurs Vœux pour
le Nouvel An 2.009
Et maintenant voici quelques nouvelles du Collège Saint Viateur de Bouaké. Nous
avons fini un 1er trimestre assez dur mais intéressant. Voyons les principaux
points
- Les nombreuses réunions de nos organismes de
tutelle : d’un côté la Direction Régionale de l’Education Nationale (D.R.E.N.)
de Bouaké, qui est en train de réinstaller ses services dans ses anciens
locaux, occupés par les militaires, et de l’autre l’Enseignement Catholique
avec son cortège de voyages à Abidjan.
- La Saint Viateur le 21 octobre : pas trop compliquée, heureusement, grâce à
la collaboration de l’Aumônerie. La Messe a été présidée par notre Archevêque
de Bouaké.
- La mise en route de toutes nos activités académiques et parascolaires avec
son cortège de réunions d’ordre pédagogique, culturelle, religieux, etc.
- Les Conseils de classe du premier trimestre, auxquels je tiens à être présent
pour voir comment les choses évoluent du côté des élèves et écouter les
différents commentaires des professeurs.
- Les nombreux dossiers à fournir aux services de La Direction Régionale pour les classes d’examen. Ici j’ai un précieux collaborateur en la
personne de mon Adjoint et Directeur des Etudes : Bernard.
Dieu merci, nous n’avons pas eu des problèmes majeurs ni au niveau de la ville
ni au niveau de nos autorités militaires. Néanmoins, il faut dire que la
population est fatiguée d’une situation qui n'en fini pas de tenter de se
clarifier. Tout le monde attend les élections, mais… pour quand ? Les
différentes Sociétés de la place, autrefois florissantes, n’arrivent pas à
redémarrer leurs activités économiques ; les commerçants disent qu’il n’y a pas
d’argent. Pourtant six banques qui se sont installés à Bouaké. Vas y
comprendre quelque chose !
A Saint Viateur Bouaké nous avons, quand même, quelques projets en route grâce à nos
partenaires d’ici et d’ailleurs :
- La Maternelle complètement réhabilitée pendant les congés de Noël
08. Cela nous permettra d’avoir les trois sections, un réfectoire et une salle
pour le repos des petits ainsi qu'une aire de jeux. Merci à « Manos Unidas ».
- La réhabilitation des laboratoires du 2nd cycle est une réalité, grâce
à une subvention de SER.SO – Euskadi. Les élèves pourront en bénéficier dès la
reprise le 5 janvier 09. Eskerrik asko ! Gracias ! Merci !
- Le Projet d’Aide à la Scolarisation des Filles « ORANGE - Fonds
d’Action Saint Viateur » en est à sa deuxième année. Une vingtaine de nouvelles
filles ont pu en bénéficier. Merci à nos partenaires.
- Les Anciens qui viennent visiter le Collège disent toujours qu’il « a
pris un coup de vieux ». J’espère que nous pourrons le rajeunir : nous
attendons la réponse de la « Fondation MASSIEYE » sur un projet de
réhabilitation du 2nd cycle concernant les façades, les toilettes, les couloirs
et l’apatam.
- Une alarme sonore pour classes du Primaire a été offerte par
l’administration.
Je tiens à dire grand merci à tous les donateurs.
Nous avons aussi des besoins. Si vous voulez
nous aider, nous pouvons vous donner des précisions.
- La Fanfare, encadrée par un Ancien élève des années soixante, «
fanfaron » lui-aussi, continue son bonhomme de chemin ; petit à petit elle se
voit étoffée par nos élèves, même si certains instruments nous font
encore défaut.
- L’achat de matériel, volé ou dégradé pendant les années de guerre, pour
les laboratoires réhabilités : physique, chimie et S.V.T.
- Des éléments pour améliorer le cadre de la Bibliothèque : fabrication de moustiquaires et de nouvelles étagères, achat de chaises et
de romans africains, etc.
« A bon entendeur… Salut ! »
Je termine avec une mauvaise nouvelle : le décès de M. SAWADOGO Bernard, le
cuisinier de l’Internat pendant 33 ans, à l’aube du 24 décembre, quelques jours
avant de prendre sa retraite. Paix à son âme. Administration, enseignants et
personnel d’entretien se sont donnés rendez-vous pour témoigner de notre
affection à la famille endeuillée.
Je salue tout le monde. Prenez soin de vous : « Si tu veux aller loin,
ménage ta monture ». Bien des choses à vos familles et à vos enfants.
Fraternellement,
Javier Martinez à « Saint Viateur » Bouaké
Nouvelles de Ferkéssédougou
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P. Roger DEBAUD
Collège St Charles
Lwanga
Ferkéssédougou, le 10 janvier 2009
B. P. 327
Ferkéssedougou - Côte
d’Ivoire
Chers parents, chers amis connus et inconnus,
Chers bienfaiteurs et bienfaitrices, bonjour,
C’est avec beaucoup de plaisir que je viens, une fois encore, bavarder un
moment avec vous pour vous donner des nouvelles d’ici et vous en demander des
vôtres, en retour. Mais, avant de raconter un peu tout ce que nous avons vécu
en cette fin d’année 2008 et ce que nous vivons en ce début de cette nouvelle
année 2009, je viens, au nom de toute la Communauté Viatorienne de Ferké vous dire :
Bonne et heureuse année 2009 à tous
Je sais que cette année l’hiver est pour vous particulièrement rude et après un
été et un automne pourris, en Europe du moins, combien il vous tarde de voir
revenir les beaux jours avec du beau temps et un peu de chaleur… Mais, je sais
de par ailleurs que l’hiver a aussi son charme quand, les longues nuits de la
fin de l’année, on veille avec les amis et qu’une bonne rôtillée de châtaignes arrosée d’un bon Saint Joseph vous font oublier le froid
et la saison que l’on dit morte !
D’ailleurs les basses températures n’ont pas que des désavantages, surtout à la campagne. Si j’ai bonne mémoire, les gens qui travaillent la terre apprécient les degrés au-dessous du zéro de l’hiver car ils tuent beaucoup d’insectes nuisibles et leurs oeufs et bien des vers et autres parasites des cultures. Et les gens des villes, ceux qui prennent des vacances pour Noël et la fin de l’année ou encore au début du printemps, apprécient la neige qui leur permet d’aller glisser sur les pistes des montagnes et de revenir aussi bronzés que les vacanciers qui ont pris leurs congés d’été au bord de la mer ou de l’océan.
Ici, à Ferké, c’est l’Harmattan qui souffle et règne en maître : une période de
grande sécheresse, de beaucoup de poussière et d’une température relativement
fraîche la nuit et au petit matin. Le thermomètre qui est devant notre maison
d’habitation marque 18 à 19 degrés au lever du jour, et 30 à 32 degrés au
moment le plus chaud de la journée. La période n’est pas l’idéale pour prendre
de belles photos avec le brouillard de poussière qui couvre la ville et la
campagne environnante toute la journée. Mais ce que j’admire et que je trouve
presque miraculeux c’est la beauté du feuillage nouveau de certains
arbres qui, malgré la grande sécheresse, s’épanouit en cette saison.
C’est, pour moi, la période où beaucoup d’arbres semblent se réveiller, comme
au printemps en France. Ils s’habillent de leurs plus belles teintes de l’année
: les nouvelles feuilles sont tendres, si tendres et si douces au toucher qu’on
aurait envie de les croquer. Pour les couleurs on trouve du vert
tendre presque délavé, du bleu lui aussi si clair qu’il paraît presque blanc,
du vert plus foncé, du rose, du jaune, du violet et du rouge, de l’orange,
selon les différentes essences d’arbres ou arbustes. Pour moi, ce sont de
vraies gerbes de fleurs parsemées dans une savane sèche et brûlée. Comme dit l’Ecriture
sainte, un rameau tendre et fragile germe et se lève sur la souche desséchée
que l’on croyait morte.
Janvier, c’est le temps de la floraison des manguiers ; et à Ferké, comme
à Korhogo, il y en a à revendre. Les champs de manguiers en fleurs, que
dire sinon que c’est un vrai délice pour les yeux : un arbre par lui-même
semble un bouquet, tellement il y a de fleurs. On passe du blanc ivoire au
jaune, au rose et au rouge selon les variétés. Une vraie résurrection dans
la brume qui couvre toute la nature et la grisaille de la brousse
desséchée de cette saison qui paraît pourtant morte et ce paysage de désolation
noirci par les feux de brousses.
Hélas, si les couleurs ravissent les yeux, le temps de l’Harmattan, par contre, apporte bien des maux. Le vent poussiéreux, sec et frais favorise les méningites, les crises d’asthme, les rhumes et le paludisme. Ce dernier ne rate aucune occasion pour se déclencher. Dès qu’une personne est terrassée ou simplement fragilisée par une grippe, un rhume, un refroidissement, monsieur le paludisme en profite pour attaquer et affaiblir encore un peu plus le malade. Et il y a des paludismes mortels. Il faut voir, le matin, les enfants, surtout ceux des villages, transis de froid, les mains glacées, la peau grise, essayant de se réchauffer autour d’un feu de paille. C’est la période des gerçures aux lèvres pour les enfants et aux doigts des mains des petites filles qui lavent le linge et font la vaisselle avec le savon local fabriqué avec un ammoniaque certainement trop acide et mal dosé.
Le vendredi 19 décembre, c’était le dernier jour de classe du premier
trimestre. Comme les années passées, ce jour là nos élèves ont passé la journée
sur les terrains de jeux pour s’affronter amicalement lors des finales des jeux
collectifs. L’après-midi nos équipes de foot, de hand, de volley et de basket
se sont opposées aux équipes du collège catholique Don Bosco de Korhogo. Les
années antérieures, nos élèves se déplaçaient jusqu’à la capitale du nord,
distante de 50 kilomètres de Ferké pour aller jouer sur les terrains du
collège Don Bosco. Et nos sportifs revenaient la tête basse. Les défaites
d’hier ont fait place, cette année, à de larges victoires pour les nôtres. Nous
avons remporté partout des victoires, sauf en basket, je crois.
Cette année, nos jeunes se sont mis à l’entraînement dès le premier trimestre
et c’est pourquoi nos équipes relèvent la tête et chantent victoire en cette
fin du premier trimestre… Mais nos matchs n’étaient que des rencontres
amicales, un entraînement pas plus. Lors des compétitions futures qu’organise
l’Oissu (Organisation Ivoirienne des sports scolaires et universitaires) ça
sera plus ardu, il restera à prouver que nous sommes les meilleurs. Ne chantons
pas si vite victoire, le proverbe nous le rappelle bien : On ne vend pas la peau de l’ours, avant de l’avoir
tué.
Quelques semaines avant ces rencontres des sportifs de Korhogo, les soldats de
l’Onuci se sont opposés à nos élèves en hand et volley. Et qui croyez-vous qui
gagna ? Et bien ce furent nos élèves. Et moi, malgré mon âge, j’ai battu,
au ping-pong, un onusien, un grand gaillard de blanc qui croyait
bien me faire gagner la honte, avec une piètre moyenne devant un groupe de nos
élèves, heureux de voir s’affronter deux blancs au tennis de table. Mais
rira bien qui rira le dernier ! Notre militaire a perdu deux parties de
suite alors il a demandé la route. Je lui en ai donné que la moitié,
pensant qu’il reviendrait… mais pour le moment, il ne semble pas vouloir
prendre sa revanche.
Ici donner la route à quelqu’un c’est lui permettre de partir. Quand on veut s’en aller on demande la route par trois fois (selon la vraie tradition… baoulée, je crois ?). La première fois que tu demandes la route, on te demande de rester : « Mon frère, ma sœur, il y a une chambre de libre pour toi, il y a un lit, il faut dormir chez nous et demain tu nous quitteras » Les hôtes peuvent dire, comme les disciples d’Emmaüs qui voulaient retenir Jésus ressuscité qu’ils venaient de reconnaître à la fraction du pain : « Reste avec nous car le soir vient et la nuit est toute proche » et par ici, il y a les coupeurs de route.
Alors on prend encore un peu de temps pour poursuivre la conversation, on boit un dernier verre ensemble, on s’amuse, on rit, ou on mange encore un morceau. Vient ensuite la seconde demande de la route. Là encore, on ne vous permet pas de partir tout de suite. « Pardon, mon frère, ma sœur, nous avons encore de quoi boire et manger, reste encore avec nous, ta visite nous fait bien plaisir. Il y a si longtemps que tu n’as pas pris du temps pour donner les nouvelles. Regarde les enfants, comme ils sont heureux de t’écouter… » Alors on prend encore un peu de temps avec nos hôtes.
Une troisième demande finit par tomber. « Ma famille m’attend, demain je travaille, pardon, donnez-moi la route, j’ai encore un bon bout de chemin pour rentrer chez moi et on m’attend de plus j’ai un travail urgent à terminer. » Cette fois-ci, on va te donner la route, mais la moitié seulement. Si on te la donne en entier, c’est que l’on ne veut pas que tu reviennes. Donc, on te donne la moitié de la route : une moitié pour t’en aller et on garde l’autre moitié pour que tu puisses revenir bientôt chez nous. Bien entendu, ça c’est la pure tradition, de nos jours on brûle les étapes, ne sommes-nous pas au siècle de la vitesse ? Alors on ne demande plus la route on annonce simplement, « Mes amis, je m’en vais ! Bye Bye ! » Et l’hôte de répondre tout aussi cavalièrement : « Allez, bon voyage, je salue toute ta famille ». Si c’est un chrétien : on ajoutera peut-être « Que le Seigneur t’accompagne jusque chez toi sans incident. ».
Après toutes ces activités sportives, nos jeunes ainsi que toute la communauté Lwangaise et leurs amis étaient invités à écouter et à participer, avec les acteurs du groupe théâtral du collège, au conte de Noël intitulé : L’histoire du Jacob, que tout le monde appelait Job ! J’ai voulu, à travers ce conte, permettre aux non chrétiens du collège, et ils sont nombreux, d’apprendre ce que c’est que le Noël des chrétiens et comment nous devrions vivre ce temps de fête et de joie. Nos jeunes acteurs n’ont eu que quelques répétitions pour se préparer à jouer ce conte devant leurs camarades.
Les après-midi de la fin du premier trimestre ont été très occupés : pratiquement chaque jour il y avait des devoirs pour certaines classes ou des cours de rattrapage donnés par un professeur qui, à cause de la maladie était resté à la maison et n’avait donc pas vu tout le programme du trimestre avec ses élèves. Pas facile de faire une répétition quand il manque une partie des acteurs. Aujourd’hui, il manque l’acteur principal, Jacob… et le lendemain, il manque le roi, la reine, la Vierge Marie, le sorcier et bien d’autres acteurs…
J’avais surtout une grande appréhension : après toutes ces compétitions
sportives, nos élèves n’allaient-ils pas rentrer, à cause de la fatigue, à la
maison au plus vite ? Et bien non, il y avait foule au spectacle et
nos acteurs ont bien joué. Nos jeunes sont spontanément de bons acteurs et ils
aiment se produire devant leurs camardes, mais perdent leurs moyens et
paniquent quand ils ne se souviennent plus de ce qu’ils ont à dire. Parfois
après avoir joué la pièce ils ont un surnom qui leur reste longtemps.
Pour la fête de Noël, l’année 2006, nous avions joué un conte de Noël : Monsieur Martin et ce Monsieur Martin, c’était moi qui jouais ce rôle… et bien cette année au mois de décembre 2008, alors que j’étais en voiture devant le marché de Ferké, un jeune m’a interpellé : Bonjour Monsieur Martin, comment va Monsieur Martin ? Je n’ai pas eu le temps de bien voir qui était ce jeune, car il faisait partie d’un groupe qui se promenait devant le marché.
Pour notre petit théâtre de Noël, tout a assez bien marché, tous les acteurs et actrices avaient bien appris ce qu’ils avaient à dire. Le petit paysan de la pièce, semblait un vrai petit agriculteur, il avait ramené sa machette usée de la maison, et les habits du champ. Le groupe des bandits a fait fureur, tellement la cheftaine des bandits jouait bien la comédie, quant à la Vierge Marie elle était tendre et attentive à son petit Jésus… Le roi et la reine, quelle allure ! Quelle majesté chez eux ! Et le commerçant Dioula, qui ne peut pas parler sans invoquer Dieu. Pour être bref, je peux dire que ce conte fut un bon moment passé ensemble avant de nous séparer pour les congés de Noël.*
Seule la sono nous a trahis… Depuis deux ans, nous essayons de trouver une aide
pour acheter une bonne sono. N’est-ce pas un appareil indispensable pour
un collège ? Chaque lundi, par exemple, toute la communauté Lwangaise : depuis
le directeur général, les élèves, les professeurs, sans oublier les techniciens
de surface… toute la communauté Lwangaise est rassemblée devant le mat du
drapeau pour chanter l’Abidjanaise pendant que monte le drapeau Ivoirien… Puis
après, il y a une prière, le mot de la semaine pour inviter toute la communauté
à vivre une valeur morale toute la semaine, suit le mot du directeur et de ceux
ou celles qui ont quelque chose d’important à dire pour la bonne marche de
l’établissement, viennent aussi les nouvelles, et les félicitations pour ceux
et celles qui sont nés un jour de la semaine qui commence.
Une sono est nécessaire pour cette montée des couleurs et pour profiter de tout ce qui est dit par la suite par tous ceux qui prennent la parole. Une sono est indispensable pour les grands jours que vit tout collège au long de l’année académique : il faut une bonne sono lors des compétitions sportives, une sono pour les célébrations religieuses : messe de la rentrée, messe de promotion, autres célébrations pour le carême, une bonne sono pour les jours où l’on accueille des amis, des confrères venus de France ou du Canada ou encore de Rome, une sono pour l’animation de la semaine culturelle de fin d’année etc., etc.
Noël a été, pour moi, une belle fête mais pas de tout repos : la nuit du
24, j'ai célébré deux messes dans les villages (une à 25, et l’autre à 30 kilomètres de Ferké), j'ai couché au village de Poulo et le lendemain, 25, jour de Noël, j'ai
célébré deux messes dans deux villages des environs de Poulo où j'avais
dormi... Quelques enfants (6) étaient venus avec moi, car à Poulo, il y a
un bâtiment qui pourrait servir de presbytère : 4 chambres, une salle à manger,
un WC, une salle d’eau, mais il faut aller chercher l’eau au puits et il
n’y a pas la lumière.
Pour les enfants de la ville, c'est une telle joie de sortir de Ferké et
d’aller au village... et de plus, j'apporte, chaque fois, de quoi ne pas mourir
de faim, alors ? Le gros problème, c'est qu'il faut choisir qui prendre dans ma
voiture ? Epineux problème ! Il y a une telle affluence de volontaires pour
aller à Poulo... Chacun promet de m'aider pour ceci ou pour cela, et même les
petites Musulmanes s’offrent pour faire enfants de chœur ... Comme la Pagero n'est pas un car, alors il faut... tirer la courte paille Il y a
beaucoup de demandes, mais peu d'élus... (Je ne peux qu’en prendre 6, ou
7 alors que le double qui se présente). Mais 6 ou 7, ça commence à bien faire,
n'est-ce pas ?
La nuit de Noël, le père Noël est passé à Poulo, vrai de vrai. Pas un seul
enfant ne l'a vu passer, il est trop malin ce père Noël... Il faut dire que
nous nous sommes couchés le matin du 25 décembre, vers une heure trente ou
deux heures du matin. Il n’a pas fallu leur chanter une berceuse pour les
faire dormir. Alors dans leur grand sommeil, le père Noël est passé. Au réveil,
tous avaient dans leurs chaussures le cadeau du père Noël : une boîte de
sardines et un paquet de gâteaux... Mais comme les boîtes de sardines
semblaient les jumelles de celles que j'apporte pour le repas que nous prenons
ensemble et pareillement pour le paquet de gâteaux, ils ont deviné que le père
Noël c’était le père Roger... J'ai bien essayé de leur dire que le père Noël
pouvait se servir au même magasin que moi et qu’il n'emportait pas tout du
ciel, car une chose est certaine, c’est qu’il vient de là et pour offrir des
jouets ou d’autres choses à tous les enfants du monde, il lui fallait bien se
ravitailler quelque part dans nos magasins de nos villes ou villages. Mais je
dois dire que je ne les ai pas convaincus.
Autre chose amusante à entendre raconter par nos enfants d'ici. Je vous l’avais
déjà raconté l’année dernière, mais c’est trop émouvant pour ne pas le répéter.
Savez-vous, chers parents et amis, qu'autrefois le père Noël offrait des
cadeaux à tout le monde : enfants, jeunes, adultes, vieux... bref à tout le
monde que voulez vous que je vous dise... Ah ! C’était bien le bon temps.
Mais voilà une nuit de Noël, en descendant du ciel, un avion a coupé la
tête du père Noël... Malheureux ! Quelle catastrophe pas vraie! Le modernisme
n’a pas que des avantages, mais quel maladroit pilote, peut-être avait-il trop
bu lors du réveillon de Noël ? Maintenant, il y a un nouveau père
Noël, mais celui-ci ne donne des cadeaux qu'aux enfants... car ; c’est
logique, qui pilotait l'avion ? Un adulte parbleu ! Misère, quelle misère,
quelle catastrophe !. Faudrait-il pas demander pardon, un gros pardon, pour que
nous les adultes et nous les vieux nous ayons droit aux cadeaux comme les
enfants ? Affaire à suivre !
Noël à peine passé, et voilà qu’il nous fallait, le vendredi 26 décembre,
prendre la route de Bouaké pour participer à notre Assemblée Générale et à
l’ordination diaconale du frère Jean-Didier, directeur du collège saint Charles
Lwanga et à l’institution des Ministères Institués de lecteur et d’acolyte du
frère Augustin. La cérémonie a eu lieu à la chapelle du collège Saint
Viateur de Bouaké le samedi matin 27 décembre. C’est l’évêque de Bouaké,
Monseigneur Paul-Siméon Ahouanan qui présidait la célébration. Notre évêque,
celui de Katiola, Ignace Bessi, avait tenu à être là avec nous. Tout s’est bien
passé, et c’était la joie pour toute la communauté viatorienne de voir nos
frères avancer vers la vie sacerdotale. Il
faut qu’ils croissent, et que nous, nous diminuions.
Après
les ordinations du vendredi matin, nous nous sommes retrouvés, religieux,
associés, pré associés et novices de toutes nos maisons et œuvres de Côte
d’Ivoire et avec quelques jeunes religieux venus du Burkina pour notre
Assemblée Générale dès l’après-midi du samedi 27 et toute la journée du
dimanche 28. Pour moi, c’est toujours un moment important que ces
retrouvailles entre nous, mais nos réunions sont un peu trop lourdes et
fatigantes, surtout tout de suite après les fêtes de Noël. Mais choisir
une date qui convient à tous, relève du miracle.
Noël, fête de la paix, fête de la joie, fête des enfants. Les enfants d’ici
ont souvent la vie dure. Plusieurs jeunes filles du collège se plaignent,
car elles doivent faire tous les travaux ménagers avant d’aller à l’école.
Certains parents refusent qu’elles participent aux activités extra scolaires.
Ils refusent de croire qu’elles s’en viennent au collège pour les cours de
soutien et certains devoirs programmés les après-midi. Ils pensent qu’elles
vont pour courir les garçons et non étudier ou participer aux entraînements des
sports collectifs. Cette année, un fait inimaginable, impensable même s’est
passé à Ferké : une jeune fille, après avoir accouché, a enterré vivant son
bébé dans la cour du lycée juste en face du collège saint Charles Lwanga.
Heureusement, le bébé a été sauvé, car une personne voyant la terre,
nouvellement remuée et qui bougeait, a déclenché l’alerte et le bébé a
été découvert et sauvé. Ce serait la mère de la jeune fille qui aurait
demandé à sa fille d’enterrer le bébé.
Dans les écoles primaires, certains maîtres ou maîtresses sont de véritables
bourreaux d’enfants. Ils frappent les enfants avec des courroies de mobylettes,
des câbles électriques ou de freins de vélos. Un maître demande aux enfants
qu’il punit de se mettre en slip, il les fait coucher à terre et
les frappe, comme font certains policiers… Un jour j’allais brûler des
papiers, j’ai demandé aux enfants qui m’accompagnaient s’ils ne voulaient pas
un fil électrique d’une rallonge qui était hors d’usage. Avec ce fil, de
deux mètres environ, leur papa pourrait ajouter les fiches nécessaires aux deux
bouts et avoir ainsi une rallonge. Tous ont refusé : motif ? Papa, c’est avec ça qu’il nous frappe ! Heureusement,
beaucoup de parents ne sont pas de tels monstres. Mais, la vie est difficile
pour les enfants d’ici, il ne faut se le cacher.
Je pourrais parler encore d’une fillette de la classe du CE2, épileptique, elle a un bras handicapé, elle est toujours mal vêtue, assez agressive, car ses camardes de classe ne sont pas tendres pour elle, alors elle se venge sur les plus petits… Un jour, ses camarades se sont bien moqués d’elle, car elle avait plein de petites bêtes dans la tête… des poux, et oui une tête couverte de poux… Comme elle vient souvent me voir en allant à l’école ou en revenant de l’école pour demander à arroser les fleurs et puis un biscuit…Je crois bien que des poux se sont installés quelque temps chez moi… Vous vous rendez compte, je fus un pouilleux pendant environ deux jours ! Il faut dire qu'avec l’harmattan, le matin l’eau est froide et comme nous n’avons pas de chauffe eau, je ne me lave plus la tête… maintenant, j’ai compris et je n’hésite plus, je me frictionne le cuir chevelu souvent et je n’ai plus de démangeaisons.
Les congés de Noël, qui ont eu lieu du 19 décembre, après les cours, au dimanche soir 4 janvier, sont finis ! Le lundi 5, tout le monde, ou presque, était là pour la reprise du travail. Le frère directeur donnera plus de nouvelles du collège. Quant à moi, je vais terminer.
Je vous redis un grand merci pour tout ce que vous faites pour nous, même si nous ne sommes pas trop bavards, croyez bien que nous sommes conscients de votre travail : ce n’est pas rien que de donner toutes ces informations sur la C.I. informations que tout le monde apprécie, ce n’est pas rien d’écrire, de lancer et relancer, de faire bouger… de préparer ces conteneurs et de les expédier… quel travail, quelles dépenses d’énergie, de savoir faire, de patience… Merci donc à vous tous. Merci encore pour votre aide précieuse et pardon si nous semblons ne pas nous intéresser au FASV, c’est faux…
Nous sommes souvent débordés, nous aussi… collège, paroisse, activités diverses… réunions, rencontres pour traiter des affaires du collège, de la paroisse, de la communauté locale, de la Fondation. Parfois , et même souvent, des pannes d’Internet, d’ordinateur, ou bien on ne peut pas se connecter…mais ce ne sont pas des excuses… On va essayer de faire mieux ! Peut mieux faire comme notent certains professeurs sur le bulletin de notes des élèves… Alors on va faire mieux. Encore merci, et sachez aussi que souvent nous prions pour tous nos bienfaiteurs et vous en êtes et pas des moindre.
Ne perdez pas courage. Je vous redis toute mon amitié, toute ma sympathie.
P. Roger DEBAUD
* [Ce conte de Noël a été diffusé par les Infos Côte
d’Ivoire le 24 décembre 2008, Ndlr]
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